Lutte à la COVID-19: Québec s’apprêterait à devancer la fermeture des bars à minuit

MONTRÉAL — Le gouvernement du Québec s’apprêterait à sévir contre toute l’industrie des bars pour limiter la propagation de la COVID-19.

Diverses sources ont confirmé à La Presse Canadienne que Québec imposerait la fermeture des bars à minuit, et ce, dès ce week-end. À cela s’ajouterait l’imposition d’un registre de la clientèle qui fréquente les bars et les boîtes de nuit, la fermeture des pistes de danse et une capacité maximale de 50% de la clientèle par établissement afin de respecter les mesures de distanciation physique.

Sans attendre l’annonce publique formelle, la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec (CPBBTQ) a accusé le gouvernement du Québec d’avoir «menti» aux gens de l’industrie qui peinent à se relever des conséquences de la pandémie de COVID-19.

«Ce gouvernement nous a menti depuis le tout début de la crise en nous promettant de respecter notre industrie tout en nous promettant de nous aider financièrement et surtout d’instaurer des mesures justes et équitables pour tous les tenanciers du Québec», a affirmé son président-directeur général Renaud Poulin.

Dans un communiqué de presse émis tard en soirée mercredi, M. Poulin a prédit que les mesures qui seront annoncées en «point de presse jeudi après-midi (…) vont entraîner des centaines de propriétaires de bars à la faillite».

Tout en refusant de confirmer l’information, une autre source bien au fait de la situation a déclaré à La Presse canadienne, sous le couvert de l’anonymat, qu’une rencontre a eu lieu mercredi entre divers représentants du gouvernement et de l’industrie des bars du Québec, durant laquelle on les aurait informés que la santé publique du Québec avait même envisagé de carrément fermer les bars, avant de finalement opter pour les quatre mesures, qui n’ont cependant pas encore été formellement annoncées ou confirmées par le gouvernement Legault.

Peu après 23 h 30, aucune convocation de presse n’avait encore été envoyée aux médias.

De son côté, le président fondateur de la Nouvelle Association des Bars du Québec (NABQ), Pierre Thibault, a rappelé que les mesures pour faire face à la pandémie ont forcé la fermeture des bars le 15 mars dernier. Certains commençaient à peine à rouvrir leurs portes.

En entrevue à La Presse Canadienne, il a réclamé une intervention du ministère de l’Économie et de l’Innovation pour supporter ces entreprises qui ont été fermées par les mesures d’urgence sanitaire.

 «C’est juste impossible de dire à des entrepreneurs qu’on ne vous aide pas. Que ce soit dans l’aviation ou le secteur automobile, il y a toujours de l’aide pour compenser lorsqu’il y a des crises, mais quand c’est les bars, on n’est jamais pris au sérieux», a-t-il déploré.

Il s’est dit très déçu que les propriétaires de bars soient ainsi «abandonnés» par le gouvernement, selon ses dires.

«Je ne sais pas pourquoi le ministère de l’Économie et de l’Innovation est aussi absent de notre industrie. Pourtant, l’industrie des bars c’est 2000 établissements au Québec et 25 000 emplois», a-t-il précisé tout en soulignant que les commerçants qu’il représente ne sont pas du tout contre les mesures de santé publique, mais qu’ils souhaitent de l’aide à même titre que n’importe quelle autre industrie qui fait rouler l’économie au Québec.

 

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