Inflation: Québec postera un chèque à 6,5 millions de contribuables d’ici Noël

QUÉBEC — La lutte à l’inflation prendra la forme d’un petit coup de pouce financier ponctuel, juste à temps pour Noël, de la part du gouvernement Legault.

Le ministre des Finances, Eric Girard, a donné suite mercredi à la promesse électorale de la Coalition avenir Québec (CAQ) en confirmant l’envoi de chèques à 6,5 millions de contribuables, afin de les aider à composer avec la forte inflation des derniers mois, qui a atteint entre 6,5 % et 7 %, soit un taux beaucoup plus élevé qu’anticipé par le gouvernement.

Comme prévu, d’ici la fin de l’année, Québec compte donc retourner un montant de 600 $ à tous les contribuables adultes ayant eu un revenu inférieur à 50 000 $ en 2021, et 400 $ à ceux dont le revenu annuel se situait entre 50 000 $ et 100 000 $. 

Ce montant, qui sera versé automatiquement par Revenu Québec, ne sera pas imposable, a précisé le ministre en conférence de presse.

Il s’agit donc d’une aide financière non récurrente, modulée selon le revenu, qui devrait soulager le Trésor public de quelque 3,5 milliards $ durant l’année budgétaire 2022-2023.

Par ailleurs, dans une perspective plus large, le ministre Girard a annoncé qu’il fera le point sur la situation économique et financière du Québec, à l’occasion d’une mise à jour le jeudi 8 décembre. 

S’il est permis d’espérer un repli du taux d’inflation dans l’année qui vient, il ne faut pas pour autant s’attendre à recevoir alors de bonnes nouvelles relativement au climat économique général, a laissé entendre M. Girard. 

Sur fond de menace de récession à l’échelle mondiale, il n’a pas caché qu’il fallait anticiper en 2023 un ralentissement «marqué» de l’économie, au Québec comme ailleurs.

«Les prévisions de la Banque du Canada, du gouvernement fédéral, et nos prévisions dans la prochaine mise à jour vont montrer que la situation s’améliore au niveau de l’inflation, mais que l’enjeu dominant ce sera le ralentissement économique», a prédit le ministre des Finances.

À plus court terme, en conférence de presse, le ministre Girard a qualifié la mesure d’aide annoncée mercredi de «simple et efficace», convaincu qu’elle devrait permettre aux Québécois «de faire face à la hausse du coût de la vie».

Il a fait valoir que la mesure avait été «calibrée pour faire face aux besoins essentiels: le logement, le transport, les vêtements, l’alimentation».

Toujours avec l’objectif d’aider les Québécois à combattre la forte inflation des derniers mois, le gouvernement s’est aussi engagé à plafonner l’augmentation du coût des tarifs gouvernementaux (Hydro-Québec, permis de conduire, immatriculation, etc.) à 3 %, ce qui devrait être fait également avant la fin de l’année en cours. 

Réactions

Les partis d’opposition n’ont pas tardé à exprimer leurs réserves sur l’approche fiscale préconisée par le gouvernement, une approche jugée inéquitable.

Le député péquiste de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, a dit qu’il aurait préféré voir le gouvernement annoncer «une mesure ciblée qui aide ceux qui en ont vraiment besoin, sans négliger de s’attaquer aux causes à long terme de la hausse du coût de la vie». La mesure annoncée mercredi «ratisse trop large», selon lui.

Même son de cloche du côté de Québec solidaire, où le nouveau porte-parole en Finances, le député de Maurice-Richard, Haroun Bouazzi, a qualifié la mesure choisie de «simpliste et inéquitable», un choix qui ne réglera en rien le problème de la hausse effrénée du coût de la vie.

Il a donné l’exemple d’un ménage constitué de deux adultes qui gagnent chacun 100 000 $. Le couple va donc recevoir 800 $, tandis qu’une mère monoparentale qui gagne 30 000 $ va toucher seulement 600 $, «alors que c’est elle qui est frappée de plein fouet par l’inflation galopante», a-t-il dénoncé, par voie de communiqué.

Du côté de l’opposition officielle, le nouveau porte-parole en Finances, le député Frédéric Beauchemin, a dit estimer lui aussi que des mesures plus ciblées, comme un crédit d’impôt de solidarité bonifié, auraient été préférables pour venir en aide aux personnes en ayant davantage besoin, notamment les gens les plus démunis et les aînés, qui sont les plus durement frappés par la hausse du coût de la vie. 

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