Lutte contre Daech: des généraux canadiens craignent le virage réclamé par Trump

Deux généraux canadiens au sein de la coalition internationale qui lutte contre Daech (le groupe armé État islamique) ont défendu la stratégie actuelle en Irak et en Syrie, qui fait l’objet d’un réexamen à la suite de critiques cinglantes du président américain Donald Trump.

Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, était en Irak cette semaine après que M. Trump eut accordé au général à la retraite jusqu’à la fin du mois pour en arriver à un plan afin d’accélérer la campagne militaire.

Au cours de la campagne présidentielle l’an dernier, M. Trump a critiqué à maintes reprises la lenteur des avancées et a promis de mettre en place une nouvelle approche qui précipiterait la défaite de Daech.

Mais les brigadiers-généraux canadiens David Anderson et Stephen Kelsey ont affirmé qu’ils auraient beaucoup de mal à déterminer des manières d’améliorer la présente stratégie, dont ils ont observé de près la mise en place pendant la majeure partie de la dernière année.

M. Mattis n’a pas révélé quels changements il souhaiterait voir dans l’intervention militaire, mais des informations laissent croire que les options discutées incluent le déploiement de plus de soldats américains sur le terrain et leur implication plus grande dans les combats.

Les deux brigadiers-généraux canadiens, en poste à Bagdad où ils exercent des fonctions clés dans la coalition internationale contre Daech, craignent que cette approche ne plombe les avancées faites pour s’attaquer aux racines de l’ascension du groupe extrémiste. M. Kelsey a dit croire que la solution pour stopper le cycle de violence en Irak résidait dans le fait que les soldats irakiens sont ceux qui combattent actuellement Daech et mettent leur vie en danger pour sauver leur pays.

«Ce qui a cours actuellement avec la stratégie (…) est que nous contribuons à ce que nos partenaires (irakiens) vainquent Daech», a fait valoir le haut gradé canadien. «Nous créons aussi la capacité (militaire) à long terme», a ajouté M. Kelsey.

Les soldats américains, tout comme les quelque 200 membres des forces spéciales canadiennes dans le nord de l’Irak, sont demeurés largement à l’écart des situations de combat et ont plutôt fourni de la formation, des conseils et un certain soutien aux combats en retrait.

MM. Anderson et Kelsey ont tenu à dire qu’il revenait aux États-Unis de déterminer leur propre approche pour vaincre Daech, mais que tout changement aurait un impact sur tous les pays impliqués dans la campagne.

Cela inclut l’Irak même, qui a été le théâtre de plus de dix ans de violences et de conflits après que l’invasion américaine en Irak en 2003 eut contribué au déchirement du pays selon des appartenances ethniques et religieuses.