Lutte contre les GES: les Canadiens doutent que le Canada atteigne ses objectifs

OTTAWA — Tout juste avant le déclenchement de la campagne électorale à l’automne, le gouvernement fédéral a été informé que de nombreux Canadiens ne croyaient pas que le pays atteindrait ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES).

Un sondage mené pour le Bureau du Conseil privé a montré que la plupart des gens questionnés au printemps doutaient que le Canada atteigne ses objectifs. Le reste des participants étaient incertains ou gardaient espoir, mais n’étaient pas optimistes.

Parmi les raisons invoquées par les participants qui ne croyaient pas que le Canada puisse atteindre ses cibles, il y avait le coût économique de la lutte contre les GES, y compris les pertes d’emplois dans l’industrie pétrolière et gazière, ainsi que la «volonté politique».

En vertu de l’accord de Paris sur les changements climatiques, les libéraux de Justin Trudeau ont convenu de réduire les émissions de gaz à effet de serre du Canada à un niveau inférieur de 30 % à ce qu’ils étaient en 2005, et ce d’ici 2030.

Le compte rendu du sondage transmis au gouvernement à la mi-août, mais rendu public ces derniers jours, suggère que les participants voulaient que le gouvernement tente tout de même d’atteindre l’objectif de 2030, même si ses efforts devaient se solder par un échec.

La semaine dernière, les libéraux ont déclaré que d’ici la fin de la prochaine décennie, les émissions de GES devraient être inférieures de 227 millions de tonnes à ce qui était prévu en 2015, soit 77 millions au-dessus de l’objectif auquel le Canada s’est engagé en vertu de l’accord de Paris.

Au cours de la récente campagne électorale fédérale, Justin Trudeau a promis de redoubler d’efforts afin que le Canada dépasse son objectif de 2030 et parvienne ensuite à un bilan zéro carbone d’ici 2050.

Parmi les mesures proposées par les libéraux figurent la plantation de deux milliards d’arbres, la réduction du gaspillage énergétique et le soutien aux entreprises qui conçoivent des technologies ou fabriquent des produits à zéro émission. Mais aucune de ces promesses ne figurait dans les prévisions d’émissions publiées vendredi dernier.

La taxe sur le carbone

La tarification du carbone est une mesure clé du plan des libéraux. Les participants au sondage ont déclaré qu’ils pensaient que la taxe sur le carbone avait augmenté le coût de l’essence, de la nourriture et du chauffage domestique, et ferait éventuellement augmenter les coûts de voyage, de transport en commun et de biens de consommation transportés sur de longues distances.

Le gouvernement libéral a imposé la taxe sur le carbone dans les provinces qui n’ont pas adopté leur propre plan de tarification des émissions de gaz à effet de serre. Le Québec n’est pas assujetti à cette taxe puisqu’il participe depuis plusieurs années à la bourse du carbone.

Les libéraux estiment que la taxe sur le carbone est conçue pour changer les habitudes afin que les individus réduisent leur propre empreinte carbone, et le rapport suggère que cela se produit dans une certaine mesure.

Certains participants ont déclaré qu’ils avaient choisi de conduire des véhicules plus économes en carburant, d’être plus stratégiques dans leurs déplacements pour limiter l’utilisation de la voiture, d’opter plus souvent pour les transports en commun ou de travailler plus souvent à domicile. D’autres ont dit qu’ils s’attendaient à conduire moins éventuellement, tandis que certains ont affirmé qu’ils n’avaient pas d’autre choix que d’utiliser leur véhicule autant qu’ils le font actuellement.

L’argent perçu par le biais de la taxe sur le carbone est retourné à la population, au moyen de crédits d’impôt, mais la plupart des participants au sondage pensaient qu’ils recevraient moins que ce qu’ils avaient payé.

Cette croyance n’a pas changé lorsque les sondeurs ont présenté aux participants un rapport du bureau du directeur parlementaire du budget indiquant que 80 % des contribuables recevront plus en crédit d’impôt que ce qu’ils ont payé en droits d’émission de carbone.