Lynn Beyak de nouveau confrontée à sa possible expulsion du Sénat

OTTAWA — La sénatrice Lynn Beyak, qui avait publié des lettres désobligeantes à propos des Autochtones sur son site web, est une fois de plus confrontée à la perspective d’une expulsion du Sénat.

En juin, le comité de l’éthique du Sénat avait recommandé que la suspension d’un an de Mme Beyak de la chambre haute soit levée parce qu’elle avait suivi une formation antiraciste et s’était excusée d’avoir publié les lettres. Mais le Sénat débattait toujours du rapport du comité lorsque ses travaux ont été suspendus pour l’été.

La sénatrice Mary Jane McCallum, membre du groupe des sénateurs indépendants, a souligné mardi que l’affaire avait «pris fin prématurément» avec la prorogation du Parlement en août. Elle a dit que cela avait permis «la réintégration silencieuse» de Mme Beyak comme sénatrice en règle, sans que ses collègues aient eu l’occasion de se prononcer sur son sort.

La sénatrice McCallum a présenté une motion demandant l’expulsion de Lynn Beyak de la chambre haute.

«Si l’on croit que la sénatrice Beyak a mérité son retour, elle devrait avoir le droit de revenir au Sénat sur décision de ses pairs, et non simplement parce que le temps de sa suspension est écoulé», a écrit la sénatrice McCallum, qui est d’origine crie, dans un communiqué publié mardi.

Elle a jugé que la façon dont le Sénat avait géré le cas de Mme Beyak était un exemple de racisme institutionnel.

Les lettres en cause ont été publiées en réponse à un discours de 2018 dans lequel Lynn Beyak a soutenu que les pensionnats fédéraux avaient été bénéfiques pour les enfants autochtones. Les mauvais traitements et les agressions sexuelles dont ont été victimes de nombreux pensionnaires autochtones sont pourtant bien documentés; des milliers d’entre eux sont morts de maladie et de malnutrition.

Le conseiller en éthique du Sénat, Pierre Legault, a conclu en mars 2019 que cinq des lettres en particulier contenaient des propos racistes, en suggérant notamment que les Autochtones sont des pleurnichards paresseux qui utilisent la question des pensionnats pour obtenir des contreparties du gouvernement.

Mme Beyak, qui a été expulsée du caucus conservateur à cause de cette affaire, a été suspendue sans solde du Sénat en mai 2019.

Elle a refusé pendant près d’un an de supprimer les lettres, se présentant comme une défenseuse de la liberté d’expression et une victime du politiquement correct. Les lettres ont finalement été supprimées de son site web par l’administration du Sénat.

Elle a fini par s’excuser et a accepté de suivre une formation sur la sensibilité culturelle, mais le comité de l’éthique a estimé que ses excuses initiales étaient superficielles et que la formation était un fiasco.

La suspension de Mme Beyak a pris fin automatiquement lorsque le Parlement a été dissous pour les élections fédérales de l’automne dernier. Mais le Sénat a voté en février pour la suspendre à nouveau car, même si elle avait finalement présenté des excuses plus détaillées, elle n’avait toujours pas suivi de formation sur le racisme.

Une fois que cela a été fait, le comité a finalement recommandé en juin que Mme Beyak soit réintégrée dans ses fonctions.

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