Maladie de Lyme: le risque est toujours présent en Montérégie et en Estrie

En dépit de la pandémie de la COVID-19, la maladie de Lyme demeurera sur le radar de la direction de la santé publique de la Montérégie et de l’Estrie au cours de la saison estivale 2020.

Selon le Dr François Milord, professeur agrégé au Département des sciences de la santé communautaire de l’Université de Sherbrooke et médecin-conseil à la Direction de santé publique de la Montérégie, le risque demeure présent pour ces deux régions du Québec.

«Nous pouvons nous attendre, malgré que nous sommes immobilisés par la pandémie, qu’il y aura à nouveau des activités de surveillance de la tique durant l’été, même si elles seront plus réduites qu’à l’habitude», affirme Dr Milord.

À ce moment-ci de l’année, la maladie de Lyme attire en général l’attention de la direction de la santé publique. Or, en raison de la crise actuelle, le Dr Milord soutient que l’effort de communication reste encore à être précisé du côté du ministère de la Santé.

«Nous arrivons à cette période où il devient pertinent de faire des communications. Avec le déconfinement, les gens ont de plus en plus accès aux activités extérieures», mentionne le médecin-conseil.

298 cas sur 461 en 2019

La maladie de Lyme est causée par une bactérie qui se transmet par la piqûre d’une tique infectée. C’est une maladie qui doit être prise au sérieux, car elle peut entraîner de graves conséquences telles que de l’arthrite ou des atteintes au système nerveux si elle n’est pas traitée à temps.

Selon les données compilées par le ministère de la Santé en 2019, près des deux tiers des cas de la maladie de Lyme au Québec (298 sur 461) ont été recensés en Montérégie (121 cas) et en Estrie (177 cas).

Étant donné que les tiques peuvent être transportées par des oiseaux migrateurs, elles se trouvent dans presque toutes les régions du Québec. Cependant, la Montérégie et l’Estrie sont à nouveau considérées « à risque » cette année compte tenu de leur proximité avec les États américains du Vermont et de New York. Le climat chaud favorable de l’été et les hivers moins rigoureux ont également favorisé l’étendue de la tique.

«Au fur et à mesure que les années ont passé, nous avons vu qu’il existe des cas survenus de plus en plus loin de la frontière canado-américaine, en remontant en Montérégie vers le fleuve, et en Estrie en allant davantage vers l’ouest, à Granby. Nous voyons aussi que la maladie se dirige plus vers l’est, vers Sherbrooke», explique le Dr Milord.

Des populations à risque

Toujours selon le spécialiste, deux populations sont plus à risque, soit les jeunes de 5 et 14 ans, et les adultes âgés entre 40 à 50 ans. Ce sont des personnes qui ont une tendance à passer plus de temps à l’extérieur, notamment dans les milieux plus boisés.

«La maladie de Lyme est différente par rapport à d’autres maladies infectieuses existantes. Elle ne semble pas être plus grave chez des personnes qui ont déjà des problèmes de santé. C’est plus le fait d’être exposé à la tique qui est déterminant, précise le Dr Milord.

Par ailleurs, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a aussi élaboré, en 2019, des recommandations et des outils visant à guider les professionnels de la santé en ce qui a trait au diagnostic et au traitement des patients. L’approche et le travail des experts pour 2020 s’inscriront donc dans la continuité de ces travaux.

– texte signé par un journaliste de l’Initiative de journalisme local