Malgré la COVID-19, un pow-wow est maintenu dans une Première Nation du Manitoba

WINNIPEG — Une Première Nation du Manitoba maintient au calendrier un pow-wow annuel le mois prochain, même si les autorités provinciales de la santé publique interdisent les grands rassemblements.

«Ça fait partie de notre culture», a déclaré Cornell McLean, de la Première Nation du lac Manitoba.

Chaque été, les pow-wow attirent des milliers de participants, qui renouent alors avec les danses et traditions autochtones.

Cette année, la plupart de ces fêtes ont été annulées ou reportées en raison de la pandémie.

C’est notamment le cas pour les pow-wow de Kahnawake, de Wendake, près de Québec, de Lac-Simon, dans la région de Val-d’Or, et de Mashteuiatsh, au nord de Roberval.

Le chef McLean a dit qu’il n’y a pas de cas de COVID-19 dans sa région, située à environ 160 kilomètres au nord de Winnipeg.

Il ajoute que les mesures de confinement liées à la pandémie ont semé de l’anxiété dans sa communauté et que face à l’isolement, certains se sont tournés vers la drogue et l’alcool.

Il estime incontournable la tenue du pow-wow, du 19 au 21 juin.

«C’est important, a dit le chef McLean. Nous essayons d’entamer la guérison.»

Le chef McLean a décidé d’aller de l’avant avec le pow-wow lorsque les rassemblements extérieurs de 50 personnes ont été autorisés au Manitoba.

«Nous veillerons à ce que la distance sociale soit respectée, a-t-il dit, ajoutant que toute personne ne se sentant pas bien ne devrait pas y assister. Nous trouverons des façons de faire qui conviennent à notre communauté.»

Wab Kinew, chef de l’opposition néo-démocrate, au Manitoba, est d’avis que le chef McLean sait ce qui est le mieux pour sa communauté.

Il a dénoncé des commentaires du premier ministre de la province, Brian Pallister, tout en décriant le sous-financement des services de santé pour les Premières Nations.

«C’est tellement malheureux que nous ayons un premier ministre qui voudrait faire des déclarations incendiaires, a dit M. Kinew. C’est contre-productif à la notion de toutes les parties travaillant ensemble pour éradiquer la COVID-19.»

M. Pallister a dit que ce n’était pas le moment d’aller à l’encontre des directives de la santé publique, et qu’il allait en parler avec le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

Arlen Dumas, grand chef de l’Assemblée des chefs du Manitoba, a mentionné que les gouvernements et les Premières Nations devaient faire preuve de souplesse pour assurer le maintien des traditions, tout en assurant la sécurité des gens.

Il a dit que l’assemblée est en contact permanent avec la santé publique de la province et le gouvernement fédéral.

Jusqu’ici, 294 cas de COVID-19 ont été relevés au Manitoba; 14 d’entre eux sont encore actifs. La province a rapporté deux nouveaux cas jeudi, après cinq jours consécutifs sans nouveau cas.

Ottawa a déjà indiqué que les cérémonies autochtones pouvaient être maintenues.

«Le Canada ne doit pas interdire et n’interdira pas ces pratiques importantes», a déclaré le ministre des Services aux Autochtones Marc Miller plus tôt ce mois-ci, après l’envoi de la GRC à une cérémonie de danse du soleil, en Saskatchewan.

«Il revient au leadership des communautés d’annuler ou de reporter les pratiques culturelles», a dit par courriel la porte-parole des Services aux Autochtones, Martine Stevens.

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