Mali: des retards dans les évacuations médicales inquiètent l’armée canadienne

OTTAWA — La mission canadienne de maintien de la paix au Mali, qui a mené ses deux premières opérations dans ce pays d’Afrique de l’Ouest déchiré par la guerre, suscite des inquiétudes quant aux retards possibles dans l’approbation des évacuations médicales pouvant sauver des vies.

Les deux opérations consistaient à transporter des équipes de reconnaissance néerlandaises dans différents secteurs peu peuplés autour de la ville de Gao, où sont établis les soldats canadiens et néerlandais, a déclaré le commandant canadien Chris McKenna.

«Nous avons atterri près du village, ils (les Néerlandais) sont entrés et ils ont évidemment parlé avec les habitants locaux, mais nous sommes allés les chercher à la fin de la journée et les avons ramenés à la maison», a raconté le colonel McKenna.

Ces vols d’appui étaient les premières interventions prévues pour la force canadienne, qui comprend huit hélicoptères et 250 membres d’équipage et soldats. Elle a pris le relais de contingents allemands et belges au début du mois de juillet. L’équipe canadienne est pleinement opérationnelle depuis la semaine dernière.

Pourtant, alors que les deux vols semblent avoir fonctionné sans anicroche, certains craignent de ne pas pouvoir en dire autant quant à la véritable raison pour laquelle les Canadiens sont au Mali: soit d’évacuer et de fournir une assistance médicale d’urgence aux soldats blessés sur le terrain.

Ces craintes reposent sur des récriminations formulées par des membres de l’équipage allemand frustrés dont les Canadiens ont pris le relais. Les Allemands ont dit qu’ils devaient composer avec des retards avant d’obtenir l’approbation des évacuations médicales en raison de communications défaillantes et du fait que les fonctionnaires de l’ONU contrôlent leurs coûts de façon serrée.

Certains de ces retards ont duré des heures, ont critiqué les Allemands à La Presse canadienne lors d’une visite à Gao en juin. Ces retards pourraient faire la différence entre la vie et la mort de soldats blessés dans l’environnement hostile et le paysage aride du Mali, selon eux.

«C’est l’une des choses qui me préoccupe en raison de ce que nous avons reçu des Allemands», a reconnu M. McKenna, lors d’un entretien téléphonique en provenance du Mali.

Les Nations unies ont fait face à un examen plus minutieux que jamais de leurs dépenses en raison de la corruption passée et de la réduction des budgets, en particulier parce que les États-Unis ont réduit leur financement au maintien de la paix.

Le colonel McKenna a indiqué qu’il avait contacté divers commandants et responsables de l’ONU dans le pays, et que le Canada prévoyait de placer plusieurs officiers au siège de la mission des Nations unies à Bamako pour accélérer le flux d’informations et la prise de décisions en cas d’urgence.

Le Mali a été déchiré par des conflits depuis une rébellion dans le nord et un coup d’État dans la capitale en 2012. Le pays est depuis plongé dans la tourmente, aggravée ces dernières années par la pauvreté, la sécheresse et l’afflux de djihadistes islamistes.

Plus de 100 Casques bleus sont morts dans des attaques au Mali et des dizaines d’autres ont été blessés depuis la création de la mission des Nations unies en 2013.

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