Maltraitance dans des CHSLD privés: Québec promet des mesures

MONTRÉAL — Une enquête confiée par Québec révèle que de la «maltraitance sous toutes ses formes» a été commise dans deux CHSLD privés de l’ouest de Montréal. 

À la lumière de ces constats, la nouvelle ministre déléguée à la Santé et aux Aînés, Sonia Bélanger, a promis de prendre les moyens pour assurer la qualité des soins et la sécurité des résidents dans tous les milieux de vie pour personnes aînées au Québec. 

Les résidences Les Floralies, situées dans les arrondissements de Lachine et de LaSalle, ont été mises sous tutelle par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pour une période de 180 jours, depuis le 1er septembre. Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal administre provisoirement ces établissements à la suite d’allégations de maltraitance. 

Un gestionnaire du MSSS à la retraite, Michel Delamarre, a été mandaté en août dernier pour mener une enquête. Son rapport rendu public jeudi a confirmé des actes de «violence et de négligence de la part de certains employés et de la négligence reliée à la gestion déficiente des  résidences». 

«Une multitude de soins et services n’a pas été rendue aux résidents ou l’a été trop souvent en écart aux pratiques reconnues», écrit-il. 

Le sous-effectif du personnel, une gouvernance déficiente et une désorganisation du travail sont, entre autres, montrés du doigt. Le premier responsable est «définitivement» l’exploitant, indique M. Delamarre. Les deux résidences Les Floralies sont la propriété de la Maison Vivalto, mais leur direction est assurée par un actionnaire local. 

«J’ai vu dans les médias, tout comme vous, des choses que personne ne souhaiterait vivre: maltraitance, blessures, manque de soins J’ai été ébranlée de voir ce qui s’est passé. Le rapport fait état de manquements et de négligences graves», a réagi Mme Bélanger lors de sa première conférence de presse à titre de ministre, jeudi, à Montréal. 

Dans son rapport, l’enquêteur formule une vingtaine de recommandations. L’élue caquiste a dit en prendre acte et qu’une équipe du ministère est présentement à pied d’oeuvre pour s’assurer de l’application de ces recommandations à l’intérieur des résidences Les Floralies. Des correctifs ont déjà été apportés, a-t-elle évoqué. 

La ministre a indiqué que la tutelle pourrait se poursuivre si nécessaire. Elle ne s’est toutefois pas avancée sur la possibilité de remettre des amendes en vertu de la Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés. Les montants peuvent varier de 10 000 $ à 250 000 $ pour l’exploitant d’un établissement. 

Dans la foulée des conclusions du rapport, Mme Bélanger a aussi annoncé plusieurs mesures qui toucheront l’ensemble du réseau privé de la province.

Elle souhaite notamment recruter une vingtaine d’inspecteurs pour accroître les visites et les inspections non annoncées dans les résidences privées pour aînés. L’élue caquiste veut aussi conventionner «plus rapidement» une vingtaine de CHSLD privés dans la prochaine année.

Mme Bélanger a également indiqué vouloir travailler avec les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour développer une stratégie de recrutement de main-d’œuvre, le manque de personnel étant l’une des causes de la situation aux Floralies. 

Elle a aussi invité tous les dirigeants de CHSLD à prendre leurs responsabilités et à être exemplaires. «Pour ceux qui ne prennent pas les moyens pour offrir des services de qualité et qui ne corrigent pas les lacunes, ça ne passera pas», a déclaré Mme Bélanger. 

La ministre ne se gênera pas pour recourir à une administration provisoire pour les CHSLD et RPA pris en défaut. À l’heure actuelle, deux autres CHSLD sont sous tutelle, soit ceux des Boisés Sainte-Thérèse, dans les Laurentides, et du Domaine Saint-Dominique, à Québec.

Un «désordre» causé par les CIUSSS et CISSS

L’enquêteur du ministère s’est aussi attardé à l’implication et la responsabilité de cinq CIUSSS et les CISSS de Montréal et de la Montérégie. Ceux-ci avaient des ententes d’achat de services avec Les Floralies pour des places d’hébergement permanent ou transitoire. 

M. Delamarre a cherché à savoir comment «les résidents ont été hébergés dans ces conditions sur une aussi longue période». Et pourquoi il a «fallu une intervention externe pour qu’un plan de contingence dans le cadre d’une enquête et d’une administration provisoire renverse la situation.» 

À ses yeux, «l’élément principal est le désordre créé par les multiples ententes d’achats de places et leur gestion en silo». 

Mme Bélanger — qui était avant de faire le saut en politique PDG d’un CIUSSS rattaché aux Floralies — a reconnu qu’il y avait eu un «manque de coordination». Mais selon elle, la responsabilité doit revenir au CIUSSS dont le territoire couvre le CHSLD, même si ce dernier a des ententes externes.  

La ministre s’engage ainsi à créer des canaux de communication entre les CIUSSS et CISSS ainsi qu’à instaurer un modèle national d’entente type d’achats de place.

Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal doit tenir un point de presse vendredi matin pour réagir au rapport dont les constats couvrent la dernière année à partir de septembre 2021.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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Prophète de malheur
Tout à coup que… le pire… inimaginé… adviendrait ?
Tout à coup que l’yâbe r’pognerait – pour vrai – dans deux, trois semaines ?

Car se souvient-on, n’est-ce pas, qu’an passé, à c’période-ci de l’année
Père Noël s’apprêtait à annoncer qu’allait-on pouvoir fêter en Grand chez
grand-maman
puis… oups / ravisement : attention, attention, attention… non
puis même avec telle « attention », n’avait-ce pas été suffisant
ç’avait débordé – « comme il se doit » – au cours des semaines
et… mois suivants.

Alors, qu’est-ce qui assure, oui, que ne pourrait-ce, à nouveau
s’enflammer, débouler, comme a-ce d’ailleurs commencé à le faire
en milieux hospitaliers, où les soignant.e.s n’en finissent et de se tuer
au travail et de s’arracher les cheveux sur la tête, afin d’en échapper le
moins possible ?

Pas évident, bref. On navigue à vue. On espère ne pas avoir à déplaire.

Mais…

Il y a, incontestablement, qqch « ‘inadéquat’ » en notre société.
Notamment eu égard aux deux bouts de la chaîne: enfants, aînés.
A-t-on pu constater en effet, il y a deux ans, aux vues du drame arrivé
en CHSLD plus particulièrement, que n’avait-ce pas été « ‘fort’ » le sort
jusque-là réservé aux plus âgé.e.s. Or…
… telle tragédie aurait-elle signé la… « ‘mort’ », définitive, de tels traitements?
Constatez vous-même, à l’observation de comment s’est-ce passé aux Floralies
encore ces derniers temps.

Côté enfants? Mieux?
Un siècle exactement après la petite Aurore l’enfant martyre, a-t-on revécu réplique
d’exacte même chose en Estrie.
Puis en ce moment même, « ‘hésiterait’ »-on, encore, à déployer* autant qu’il faudrait
pour que de tout petits puissent être traités avec la diligence requise s’imposant

* « déployer » ? Des médecins, en choeur, ont fait un ‘appel’ pressant en ce sens
à la population adulte…
il s’avère loin d’être sûr que leur appel a été entendu, suffisamment bien entendu
ou que le sera-t-il assez (tôt), pour que, dans vingt-cinq, trente, quarante ans…..
on n’ait à se demander : comment/pourquoi cette société a-t-elle pu se montrer
si réticente à témoigner d’une part reconnaissance envers ses aîné.e.s et
d’autre part prévoyance à l’égard de son devenir incarné en ses enfants ?

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