Manif, grève et négo pour les services de garde en milieu familial

MONTRÉAL — Une centaine de responsables de services de garde en milieu familial de la CSQ ont manifesté, vendredi, devant les bureaux du ministère de la Famille à Montréal, alors que leur grève tournante touchait justement la métropole.

Vendredi était aussi une autre journée de négociation entre la Fédération des intervenantes en petite enfance de la CSQ et le ministère de la Famille. Les négociations avaient débuté en mars 2019.

Ce sont 10 000 responsables de services de garde en milieu familial qui ont lancé une grève tournante, du 1er au 18 septembre, qui touche tour à tour les régions du Québec. Elles ont déjà annoncé une grève générale illimitée à compter du 21 s’il n’y a pas eu de dénouement d’ici là.

En entrevue sur place, la présidente de la FIPEQ, Valérie Grenon, a dit craindre de devoir effectivement lancer sa grève générale illimitée à compter du 21, puisque les discussions avancent à pas de tortue, selon elle.

«En ce moment, s’il y a quelqu’un qui prend en otage les familles du Québec, c’est Mathieu Lacombe (ministre de la Famille), c’est pas vous», a tonné Valérie Grenon, en s’adressant à ses membres qui manifestaient devant les bureaux du ministère.

«La grève, c’est pas de gaieté de coeur qu’on la fait. Ce qu’on veut, c’est sauver le réseau des services éducatifs de la petite enfance au Québec. Et on ne laissera pas le gouvernement le détruire», a lancé à ses côtés Sonia Éthier, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Points en litige

Trois points sont en litige: la rémunération; une compensation pour le fait de devoir rédiger un dossier de l’enfant et rencontrer les parents à ce sujet; puis la possibilité d’accueillir plus d’un enfant avec des besoins particuliers — ce qui accroît la subvention reçue.

La FIPEQ revendique l’équivalent de 16,75 $ l’heure. Elle estime que ses membres touchent 12,42 $ l’heure. Et, selon Mme Grenon, la dernière offre du ministère équivalait à 12,83 $.

Dans les faits cependant, ces responsables de services de garde en milieu familial ne sont pas rémunérées à l’heure; elles touchent une subvention du ministère pour dispenser leur service.

Elles touchent ainsi une subvention annuelle de 43 000 $, de même que 7 $ à même la contribution parentale de 8,35 $ par enfant par jour. Le ministère évalue le tout à 53 270 $ — un montant duquel il faut toutefois soustraire une somme de 50 $ par jour réservé à l’épicerie, soit 11 750 $. 

Le ministère fait aussi valoir qu’elles travaillent depuis leur domicile et peuvent donc déduire au plan fiscal des dépenses d’électricité, de chauffage, de téléphone, de formation et autres. Il souligne aussi qu’elles travaillent 235 jours par année.

Le ministère déplore

Vendredi, le directeur des communications du ministère de la Famille, Dominic Vallières, a déploré la situation: «en cette 35e journée de négociations entre les parties, nous trouvons dommage que les familles voient leur quotidien chamboulé en faisant les frais de moyens de pression. Les parents ont subi suffisamment de casse-têtes aux débuts de la pandémie pour concilier famille et travail».

Le cabinet conteste l’affirmation voulant que ces responsables de services de garde ne gagnent que l’équivalent de 12,42 $ l’heure.

«En vous épargnant les calculs pour la nourriture et les déductions fiscales auxquelles elle a droit, comme travailleuse autonome, pour en arriver à 12,42 $ l’heure, il faudrait qu’une responsable travaille un peu plus de 74 heures par semaine, ce qui nous apparaît difficile à conjuguer avec la réalité», a conclu M. Vallières.

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