Trudeau perd patience contre des manifestants qui ont insulté son épouse

VANCOUVER — Le chef libéral Justin Trudeau a perdu patience contre des manifestants qui tentaient de perturber une entrevue, à Burnaby, en Colombie-Britannique, en leur demandant s’il n’y a «pas un hôpital que vous devriez être en train de déranger en ce moment».

M. Trudeau était de passage devant les bureaux de Global News, lundi, quand un des hommes a commencé à crier des injures au chef libéral et a proféré une insulte misogyne contre son épouse Sophie Grégoire Trudeau. L’autre homme avait apporté des haut-parleurs et tentait de l’enterrer au son de la chanson «We’re Not Gonna Take It» des Twisted Sisters.

C’est alors que M. Trudeau a baissé son masque, pour se faire entendre, et a crié aux manifestants de manière sarcastique: «N’y a-t-il pas un hôpital que vous devriez être en train de déranger en ce moment?»

Il a par la suite assuré à l’animatrice, qui se confondait en excuses, qu’il allait très bien et a laissé tomber que «c’est troublant pour notre démocratie». L’entrevue a finalement eu lieu à l’intérieur de l’édifice du réseau de télévision. 

Cet épisode est arrivé après que M. Trudeau ait fait la promesse de sévir contre les personnes s’opposant aux mesures sanitaires qui manifestent contre les hôpitaux, comme cela s’est vu un peu partout au Canada. 

Les libéraux, s’ils sont réélus, comptent présenter un projet de loi qui criminaliserait l’intimidation et le harcèlement contre les travailleurs de la santé qui sont sur les lieux de travail ou qui se rendent au travail ainsi que le fait de bloquer le passage à tous les bâtiments qui offrent des services de santé.

On compte notamment les hôpitaux, les centres de vaccination, les centres de dépistage, les pharmacies et les cliniques d’avortement.

«Les travailleurs de la santé ont fait des sacrifices énormes pour mettre leurs familles à risque, pour servir la communauté, pour nous garder en vie et maintenant, ils ont besoin qu’on soit là pour eux de façon non équivoque», a martelé M. Trudeau, lors de son annonce à Vancouver en compagnie de ses candidats de la région. 

Le chef libéral se dit «d’accord que c’est un peu ridicule» que le Canada en soit rendu là, mais affirme qu’il n’a pas le choix. 

À une journaliste qui lui faisait remarquer qu’il existait déjà des infractions du Code criminel contre l’intimidation et le harcèlement, M. Trudeau a répliqué qu’il existe des dispositions spécifiques dans le Code pour certains corps de métier comme les journalistes ou les juges. Le projet de loi que son parti déposerait irait dans le même sens, pour les travailleurs de la santé cette fois. 

Si l’ensemble des chefs de partis fédéraux ont soutenu que ces manifestations sont «inacceptables», ils n’ont pas promis à leur tour un projet de loi spécifique à ce sujet. 

«J’invite les opposants à la vaccination, quels que soient leurs arguments, à des moyens décents pour les exprimer», a soutenu le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, qui s’est désolé que «des gens fragiles, vulnérables, inquiets, franchement malades» soient exposés à ce type d’intimidation. 

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a suggéré de son côté que le fait d’intimider ou de harceler un travailleur de la santé qui se rend au travail ou qui est au travail ou un patient dont l’accès aux soins de santé est entravé en raison de ces manifestations devrait être un facteur aggravant en cas d’accusations criminelles. 

La plateforme conservatrice, elle, prévoit de durcir les sanctions dans le Code criminel à l’endroit des manifestants qui perturbent les infrastructures essentielles ou les voies ferroviaires, comme la Première Nation Wet’suwet’en au printemps 2020. 

«Les manifestations pacifiques sont un droit fondamental au Canada, mais le respect de la primauté du droit fait en sorte que les barrages illégaux fermant une infrastructure critique, menaçant l’accès à des fournitures essentielles ou mettant des vies en danger ne peuvent pas être tolérés», peut-on lire dans la plateforme conservatrice.

Un porte-parole conservateur a expliqué, lundi en fin de journée, que le fait d’entraver l’accès à des établissements de santé sera également visé par cette promesse. 

À l’inverse, les néo-démocrates, qui ont défendu le droit à la manifestation des Wet’suwet’en, ont tenu à faire une distinction avec la situation actuelle. 

«La différence, c’est qu’on parle de travailleurs de la santé. Ce sont des personnes qui sauvent des vies. Ce sont des personnes qui tentent de protéger leur santé. Il y a une distinction très claire. Ce ne devrait pas être une place où les manifestations sont tolérées. Toute entrave pourrait mener à la mort de quelqu’un», a insisté M. Singh. 

À une semaine du scrutin, les attaques ont continué à se multiplier, lundi. Lors d’un rassemblement à Surrey, en fin de journée, M. Trudeau a continué de tenter de tracer des parallèles entre cette frange de manifestants anti-vaccins qui perturbent les hôpitaux et les conservateurs d’Erin O’Toole. 

La plupart des manifestants anti-vaccins croisés sur le chemin de la campagne électorale s’identifient pourtant au Parti populaire de Maxime Bernier. 

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.