Manifestations de partisans et d’opposants à Trump après les élections

WASHINGTON — Des dizaines de partisans du président américain Donald Trump ont convergé vers des centres de dépouillement des bulletins de vote de Détroit et Phoenix mercredi, alors que le vent semblait tourner contre lui dans deux États clés.

Ailleurs, des milliers d’adversaires du président sont descendus dans les rues du pays pour réclamer que chaque vote soit compté.

«Arrêtez le dépouillement!», ont scandé des supporters de M. Trump à Détroit, au Michigan. «Arrêtez ce vol!», répétaient les manifestants du côté de Phoenix, en Arizona.

Plusieurs médias, dont l’Associated Press, annoncent la victoire de M. Biden en Arizona.

Les manifestations sont survenues après que le président eut insinué, sans aucune preuve, qu’il y avait eu de sérieux problèmes lors du décompte des votes, particulièrement avec ceux qui avaient été envoyés par la poste.

Les républicains ont rapidement intenté des recours judiciaires pour contester les résultats électoraux dans différents États américains.

Affichant fièrement leurs couleurs Trump, les manifestants de Phoenix ont rempli le stationnement du centre électoral du comté de Maricopa. La foule a scandé «Fox News sucks!» pour dénoncer la décision du réseau d’annoncer la victoire de M. Biden dans l’Arizona.

Le représentant Paul Gosar, un partisan farouche de M. Trump, s’est joint à eux et a dit: «Nous ne tolérerons pas que cette élection soit volée. Point.»

Des observateurs des deux partis se trouvaient à l’intérieur du centre pour observer le dépouillement. Le processus était aussi diffusé en direct sur internet en tout temps.

Plusieurs policiers bloquaient l’accès au centre, où le dépouillement s’est poursuivi toute la nuit.

Deux responsables du comté — l’un démocrate, l’autre républicain — ont publié une déclaration commune dénonçant la propagation de la désinformation concernant l’intégrité du processus électoral.

«Tout le monde devrait souhaiter que tous les votes soient comptés, qu’ils aient été exprimés en personne ou par correspondance, ont dit le républicain Clint Hickman et le démocrate Steve Gallardo. Un dépouillement précis prend du temps (…) C’est une preuve de démocratie, pas une preuve de fraude.»

Pendant ce temps, des milliers de manifestants de New York à Seattle  réclamaient à l’inverse que le vote de chaque électeur soit comptabilisé, même les bulletins de vote par correspondance.

À Portland, en Oregon, qui est le théâtre de manifestations nocturnes depuis des mois, la gouverneure Kate Brown a fait appel à la Garde nationale pour faire face à des actes de violence au centre-ville, où des vitres ont été fracassées. Parmi les manifestants qui réclamaient un dépouillement complet, il y avait aussi des personnes qui dénonçaient une fois de plus la brutalité policière. C’est le cas d’ailleurs depuis la mort de George Floyd aux mains d’un policier de Minneapolis, en mai.

À New York, des milliers de manifestants ont marché devant les boutiques de luxe sur la Fith Avenue à Manhattan pour marteler que chaque vote compte. Le rassemblement était pacifique, mais au moins une vingtaine d’arrestations ont été effectuées auprès d’un petit groupe plus turbulent qui a commencé à protester contre l’inconduite de policiers.

Sept personnes ont été arrêtées à Seattle en marge d’une manifestation, dont une qui a été hospitalisée après avoir subi un problème de santé, a indiqué la police par voie de communiqué jeudi. On ne sait pas si l’arrestation et l’hospitalisation sont reliées. L’état de santé de la victime est passé de critique à stable, selon le centre hospitalier Harborview.

À Chicago, les manifestants sont descendus au centre-ville et ont marché le long d’une rue riveraine vis-à-vis l’édifice Trump Tower.

Des manifestations similaires — à propos des élections américaines et parfois contre les injustices raciales — se sont déroulées dans plusieurs villes américaines, dont Los Angeles, Houston, Pittsburgh, Minneapolis et San Diego.

La confrontation à Détroit avec des partisans de Donald Trump a commencé juste avant que l’agence de presse The Associated Press déclare que l’ancien vice-président Joe Biden avait remporté le Michigan.

Des images tournées par la presse locale montrent une foule en colère à l’extérieur du Centre TCF et dans le hall d’entrée, pendant que des policiers bloquent l’accès au secteur où sont dépouillés les votes. Les manifestants scandaient «Arrêtez le décompte!» et «Arrêtez le vote!»

Un peu plus tôt, la campagne républicaine réclamait l’arrêt du dépouillement si le secrétaire d’État du Michigan ne permettait pas à plus d’inspecteurs d’être présents au comptage des bulletins de vote.

Des manifestations éparses avaient aussi éclaté de Washington, D.C. à l’État de Washington dans les heures qui ont suivi la fermeture des bureaux de scrutin aux États-Unis, mardi, mais on ne rapportait pas de violences d’envergure en lien avec le vote.

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