Des manifestants dénoncent le recul de Trudeau sur la réforme du mode de scrutin

MONTRÉAL – Quelques dizaines de Montréalais ont bravé le froid, samedi, pour manifester leur mécontentement face au recul du gouvernement Trudeau sur la réforme du mode de scrutin.

«Justin, menteur», scandaient les manifestants, qui ont déambulé dans la circonscription du premier ministre JustinTrudeau, pour se rendre à son bureau, dans le quartier Villeray, dans le nord de Montréal.

D’autres manifestations se sont déroulées simultanément dans plusieurs villes canadiennes, notamment à Ottawa, Toronto et Fredericton.

Quelques élus étaient présents au rassemblement de Montréal, dont la députée de Québec solidaire, Manon Massé. Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice et le chef adjoint du Parti vert, Daniel Green, ont tous deux fait un discours pour demander à Justin Trudeau de respecter sa promesse, l’accusant d’avoir menti aux électeurs canadiens.

«On a un premier ministre menteur. Comment peut-on lui faire confiance dans le futur?», a demandé Daniel Green.

«On ne peut pas», ont répondu les manifestants.

Pendant la dernière campagne électorale, Justin Trudeau avait promis que l’élection de 2015 serait la dernière tenue en vertu du système uninominal à un tour. Après avoir mené moult consultations et étudié les différents systèmes en comité parlementaire, le gouvernement a décidé de reculer, jugeant qu’il n’a pas de consensus sur le mode de scrutin à adopter.

«M. Trudeau en ce moment, se cherche des excuses en disant qu’il n’y a pas de consensus. C’est faux. Il nous ment encore», a lancé Alexandre Boulerice lors de son discours devant la foule.

Plusieurs manifestants rencontrés jugent qu’il y avait au contraire eu un consensus à la suite des conclusions du comité spécial sur la réforme électorale.

Jean-Sébastien Dufresne, du Mouvement démocratie nouvelle, rappelle que plus de 80 pour cent des experts du comité en question s’étaient déclaré en faveur d’une réforme, alors que plus de 71 pour cent des citoyens avaient fait de même.

«Le consensus, il est là. S’il n’y a pas de consensus auprès des politiciens, qu’il se tourne vers la population», a-t-il ajouté.

Selon un sondage en ligne mené par le comité, 71,5 pour cent des Canadiens se sont dits en accord avec l’idée que le système électoral devrait refléter le pourcentage des voix que le parti a reçu à l’échelle du pays. Un autre coup de sonde mené par la suite par le gouvernement fédéral sur le site mademocratie.ca dévoilait toutefois que les Canadiens étaient généralement satisfaits de leur système. Le questionnaire ne demandait pas directement aux électeurs s’ils appuyaient les différents modes de scrutin.

«On vend des armes en Arabie saoudite, on va bâtir des oléoducs, pas de consensus pour ça. Mais là, il faut un consensus pour la réforme électorale?» a déploré Jacob Homel, un manifestant.

«Consensus ne veut pas dire unanimité, ça veut dire un consensus. Et il y en a un au Canada», a renchéri la députée Manon Massé.

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