Manitoba: Brian Pallister fait un commentaire sur les talons hauts d’une femme

WINNIPEG — Une architecte chevronnée affirme avoir affronté bien pire dans sa carrière que la blague lancée par le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, sur ses choix vestimentaires, mais elle s’est tout de même sentie obligée de dénoncer ces commentaires.

Avant de prononcer un discours sur l’état de la province, jeudi, M. Pallister s’est laissé aller à quelques remarques sur Johanna Hurme, qui est présidente de la Chambre de commerce de Winnipeg depuis le mois d’octobre.

Lors de sa nomination à ce poste prestigieux, le parcours de Mme Hurme avait été encensé. Elle a notamment cofondé une entreprise à Winnipeg et a enseigné le design à l’Université de Toronto.

«J’aimerais remercier Johanna de s’être mise sur son trente et un. Je voudrais la remercier d’avoir mis des talons hauts. J’ai remarqué qu’ils sont hauts d’un pied», a lancé le premier ministre devant un auditoire composé de gens d’affaires.

Il a plus tard reconnu que ses propos étaient déplacés, mais a assuré qu’il avait simplement voulu faire une blague sur sa propre taille imposante.

Johanna Hurme a écrit dans un communiqué vendredi qu’elle ne croyait pas que M. Pallister était mal intentionné et qu’elle n’avait pas personnellement été marquée par ses commentaires.

«Ce qui est désolant, c’est que que je n’occuperais pas ce poste aujourd’hui en tant qu’architecte et femme d’affaires si je n’avais pas affronté des situations bien pires que celle-là par le passé», a-t-elle soutenu.

Mme Hurme a dit qu’elle n’avait pas voulu rester silencieuse en raison de toute l’attention médiatique suscitée par ces commentaires.

Brian Pallister a tenu ces propos après que Mme Hurme eut livré un discours sur l’étalement urbain et le manque d’infrastructures de la province.

«Bien que je croie que le premier ministre ait tenté de faire connaître ma présence dans la salle, il l’a fait de façon regrettable, non pas en reconnaissant mon travail ou le contenu de ma présentation, mais plutôt en faisant une blague sur le fait que je portais des talons hauts», a-t-elle expliqué.

«Cela, combiné au fait que l’événement s’est tenu devant près de 1200 dirigeants du monde des affaires de notre province, nécessite d’être souligné et pris en considération.»

Mme Hurme dit avoir partagé ses réflexions avec le premier ministre lors d’une conversation téléphonique et que ce dernier avait exprimé des regrets.

Jocelyn Thorpe, professeure en études féministes et de genres à l’Université de Manitoba, estime que les remarques du premier ministre reflètent un problème plus profond.

«C’est plus difficile pour les femmes de vivre comme des personnes dotées d’un esprit et pas seulement d’un corps, a-t-elle affirmé. On s’attend à ce que les femmes mettent plus d’efforts sur leur apparence. Les hommes enfilent un complet et ils sont bien habillés, mais les femmes ont plusieurs autres étapes à franchir en ce qui concerne leurs cheveux, leurs visages et leurs vêtements.»

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