Manon Massé demande à Ottawa d’accorder l’asile politique à Puigdemont

MONTRÉAL — La coporte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, a adressé une lettre au premier ministre fédéral Justin Trudeau pour l’exhorter à offrir l’asile politique au président déchu de la Catalogne, ciblé par un mandat d’arrêt européen.

La députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques y exige que le gouvernement canadien «se comporte enfin en démocrate» face à la crise espagnole.

Après la déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne, la semaine dernière, le Canada s’est rangé derrière Madrid en disant reconnaître «une Espagne unie».

Avant cette prise de position, Justin Trudeau avait refusé de se prononcer directement sur la situation, même dans la foulée de la violente répression du référendum du 1er octobre.

Manon Massé lui demande maintenant de «manifester rapidement et publiquement la volonté du Canada d’offrir l’asile politique» non seulement à M. Puigdemont, mais également à l’ensemble des élus et même des citoyens catalans qui en feraient la demande.

La députée solidaire a souligné que même si M. Puigdemont ne cherche pas à trouver refuge au Canada, Justin Trudeau — qui «se veut un acteur sur la question des droits de la personne à travers la planète» — pourrait ainsi envoyer un message fort à Madrid.

Si le Canada ne peut pas à lui seul faire entendre raison aux autorités espagnoles, il pourrait néanmoins «forcer la main» des autorités espagnoles, croit-elle. Le gouvernement de Mariano Rajoy n’aurait d’autre choix que de changer de ton si d’autres acteurs de la communauté internationale emboîtaient le pas, fait-elle valoir.

Jeudi, un tribunal a ordonné l’incarcération de neuf membres du gouvernement destitué de la Catalogne, dont huit sans possibilité de libération sous caution. Le lendemain, l’Espagne a lancé un mandat d’arrêt européen contre M. Puigdemont et quatre de ses ministres congédiés, après qu’ils ne se soient pas présentés devant la Cour nationale d’Espagne. Ils devaient notamment y être accusés de rébellion, de sédition et de détournement de fonds pour leur rôle dans la déclaration d’indépendance.

Manon Massé se dit préoccupée de voir les dirigeants recherchés ayant trouvé refuge en Belgique être à la merci de l’Union européenne, à la lumière de la complicité de cette organisation avec l’Espagne.

Elle n’avait toujours pas obtenu une réponse de M. Trudeau en début d’après-midi samedi, soit un jour après l’envoi de la lettre.

«Je ne vous demande pas ici de changer vos positions sur la question constitutionnelle québécoise ni même d’appuyer les indépendantistes catalans dans leur démarche d’autodétermination, peut-on y lire. Au nom d’une majorité de Québécois et Québécoises attachée à la démocratie, je vous prie seulement de contribuer, par des gestes concrets, à une solution pacifique et démocratique à la crise en Catalogne pour mettre fin à la répression policière, judiciaire et politique commise par le gouvernement espagnol.»

1 commentaire
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Je ne suis pas QS, mais je ne peux que vous donner raison que le Canada offre une entrée aux indépendantistes catalans qui le désireraient. Mais je doute très très fortement que notre bon démocrate « PET jr » n’accorde cet asile à des indépendantistes d’ailleurs alors qu’il le condamne dans Son propre pays. Tout comme les 27 pays de l’U.E. ne veulent rien savoir non plus, on se doute bien que M. Puidgemont a frappé à la mauvaise porte en allant à Bruxelles pour revendiquer des négociations. L’U.E. veut faire payer Londres pour son Brexit, et ils auraient fait payer le F.N. et la France entière s’il avait été élu, alors vous imaginez ce qu’elle peut faire contre un petit peuple de 7 millions d’âmes qu’est la Catalogne ! Alors, oubliez la signification du mot « démocratie » avec Trudeau, il n’en a aucune notion.
Ce qui peut arriver par contre, c’est que ces indépendantistes qui seront bientôt jugés et condamnés à la prison (car ils le seront sans doute, comme Mandela) deviendront une image de « martyres », ce qui pourrait provoquer un revirement de situation chez le peuple catalan et augmenter le nombre de vire-capots anti-Madrid.
Une bizarrerie de l’Espagne, c’est qu’il y ait encore un monarque qui a peur pour son trône et qui donc, appuie la répression de tout mouvement indépendantiste. Quand il y un monarque, il n’y a pas de vrai démocratie. Les bénis et élus de Dieu, à la flotte…