Legault est un conservateur de la trempe de Harper, martèle Nadeau-Dubois

LONGUEUIL, Qc — Les masques doivent tomber: le premier ministre François Legault est un conservateur de la trempe de Stephen Harper, a martelé dimanche Gabriel Nadeau-Dubois.

Le député de Gouin a été réélu comme co-porte-parole de Québec solidaire (QS), avec Manon Massé, en clôture du congrès qui a réuni 600 militants à Longueuil.

Dans un discours énergique, il a promis de «démasquer l’agenda caquiste», de «faire tomber les prétentions» de M. Legault et de le nommer pour ce qu’il est: un premier ministre conservateur.

M. Nadeau-Dubois a poursuivi en disant que les conservateurs étaient reconnaissables à leur «mépris de la jeunesse», leurs «puits de pétrole» et à leur «bâillonnement des institutions démocratiques».

Surtout, M. Legault serait l’héritier de la plus vieille des traditions conservatrices, celle du rejet de la science, dont s’inspirait l’ancien premier ministre du Canada, Stephen Harper, selon lui.  

«On n’arrive pas à trouver un seul expert qui appuie le troisième lien? Pas grave, on va sortir la peinture verte», a-t-il ironisé devant une foule conquise. Il a aussi fait référence au projet de gazoduc GNL Québec et au problème d’arsenic à Rouyn-Noranda. 

M. Nadeau-Dubois est également revenu sur le «cafouillage monumental» de la CAQ en immigration et a prédit que c’était le début de la fin de la lune de miel pour le parti de François Legault. 

Il était accompagné pour l’occasion d’Olivier Bolduc, candidat de QS dans Jean-Talon, qui s’était déplacé dimanche jusqu’à Longueuil pour s’adresser à la presse nationale.

Le parti avait plus tôt justifié l’absence au congrès de sa députée Catherine Dorion par le fait qu’elle devait prêter main-forte à M. Bolduc à Québec, en vue de l’élection partielle du 2 décembre.

Massé veut revoir la Bourse du carbone

Par ailleurs, QS dit vouloir transformer de fond en comble la Bourse du carbone que le premier ministre Legault s’apprête à aller défendre en Californie.           

Selon Mme Massé, le système actuel de plafonnement et d’échange de droits d’émissions permet à de grands pollueurs, comme la cimenterie McInnis, à Port-Daniel en Gaspésie, «de faire de l’argent».

Elle affirme que sur le plan de l’écofiscalité, QS «n’est pas fermé à cette idée» d’un système de plafonnement, pourvu qu’il soit érigé «de façon solidaire» et suive le principe du «pollueur-payeur».

«Actuellement, ce que le système de plafonnement permet, c’est à une usine comme Port-Daniel de faire de l’argent sur le dos des crédits du droit de polluer. Ça n’a pas de bon sens», a-t-elle déclaré en mêlée de presse.

Le premier ministre Legault se rendra en Californie du 8 au 11 décembre notamment pour discuter de la Bourse du carbone avec le gouverneur Gavin Newsom.

«S’il veut défendre la Bourse du carbone, qu’il crie haut et fort qu’il faut que le principe de pollueur-payeur soit là, a poursuivi Mme Massé. Pollueur-payeur ne veut pas dire donner des permis gratuits aux grands pollueurs comme McInnis.»

Le Québec a mis sur pied en 2013 un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre, une mesure visant à pousser les entreprises et les citoyens à modifier leurs comportements afin de réduire leurs émissions.

L’année suivante, la province a lié son système à celui de la Californie, dans le cadre de la «Western Climate Initiative».

Or, le procureur général des États-Unis, Jeffrey Bossert Clark, fait valoir maintenant que la Californie «s’est écartée de sa voie constitutionnelle» lorsqu’elle a signé cet accord avec le Québec.

Le premier ministre Doug Ford a pour sa part retiré l’Ontario de ce régime au lendemain de son élection l’an dernier.

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