Manque d’équipement médical: le ton monte lors du comité fédéral sur la santé

OTTAWA — Le ton a monté au sujet de la délicate question du manque de masques lors d’une conférence téléphonique du Comité permanent de la santé, mardi.

Invitées à commenter la situation, des associations et des syndicats du secteur de la santé ont tour à tour dénoncé le manque d’équipement de protection des professionnels de la santé qui combattent la COVID-19.

La situation suscite beaucoup d’anxiété chez les médecins et les autres membres du personnel médical quant à ce qui se passera s’ils commencent à tomber malades.

«Est-ce qu’on s’attendrait d’un pompier qu’il entre dans un édifice en flammes, risquant sa vie, sans équipement de protection?» s’est demandé Dr Sandy Buchman, de l’Association médicale canadienne.

Du côté de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et d’infirmiers, la porte-parole Linda Silas a plaidé pour plus de sécurité que pas assez en affrontant un virus inconnu.

Mme Silas a rappelé que le personnel médical compte pour entre 10% et 15% des personnes infectées par la COVID-19 au pays. Elle s’inquiète de voir d’autres professionnels se mettre à risque.

Or, Dr Alan Drummond, de l’Association canadienne de médecine d’urgence, a fait valoir qu’il faut rester réalistes dans la situation. Il a rappelé que la majorité des personnes infectées auront des symptômes mineurs.

«Veut-on vraiment brûler toutes nos précieuses fournitures à ce moment-ci pour empêcher quelqu’un d’avoir une toux ou un nez qui coule?» s’est-il questionné.

Il a par la suite été rabroué par le député libéral Marcus Powlowski, un urgentologue de formation, qui lui a dit que ce serait mieux de ne pas écarter les préoccupations des infirmières.

Piqué par le commentaire, Dr Drummond s’est défendu d’une telle attitude: «On travaille côte à côte, nous sommes une équipe. Mais nous devons amener un peu de science dans cette discussion», a-t-il répliqué.

«On ne demande pas la permission, ici. On demande à nos employeurs de respecter notre jugement professionnel quand on est devant les patients», a répondu Mme Silas, du tac au tac.

La question de l’équipement médical préoccupe de nombreux pays qui tentent tous de s’approvisionner en masques, gants, blouses et respirateurs entre autres.

Le fédéral assure qu’il explore toutes les options pour obtenir ces fournitures en attendant d’être autosuffisant.

Pour l’heure, les hôpitaux ont obtenu la directive de la santé publique du Canada de ne pas jeter masques et autre équipement de protection, en attendant de voir s’il est possible de les désinfecter et de les réutiliser.

Les organisations invitées à témoigner au comité ont affirmé que le Canada n’avait pas tiré les leçons essentielles des pandémies passées et que les travailleurs de première ligne en paient maintenant le prix.

Dr Buchman a soutenu que le système de santé canadien a été pris au dépourvu par la pandémie de COVID-19.

Il a déclaré que, bien que le Canada n’ait pas tiré les leçons du SRAS, du H1N1 et d’autres éclosions, il ne pense pas que le Canada soit unique – et n’a pas connaissance d’un autre pays qui était prêt à faire face à la COVID-19.

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