Manque d’informations en français: le Commissaire aux langues officielles préoccupé

MONTRÉAL — Le Commissaire aux langues officielles se dit préoccupé par le fait que des messages d’intérêt public sur le coronavirus semblent négliger les francophones dans certaines provinces.

Dans une déclaration transmise jeudi, le commissaire Raymond Théberge fait directement référence au Nouveau-Brunswick et à l’Ontario, deux provinces qui ont d’importantes communautés francophones.

Les Canadiens doivent être en mesure de comprendre les messages qui leur sont adressés par l’ensemble des institutions gouvernementales, en particulier dans le contexte actuel de pandémie, rappelle le commissaire.

«La majorité des Canadiens diraient que leurs dirigeants ont été sans faille, et j’abonde dans ce sens, du moins en général. Toutefois, j’ai la responsabilité, à titre de commissaire aux langues officielles du Canada et d’agent indépendant du Parlement, de signaler les problèmes en matière de langues officielles lorsque je les vois. Il s’agit simplement de la bonne chose à faire», écrit le commissaire Théberge dans sa déclaration. 

Au-delà de la Loi sur les langues officielles, c’est une question de respect et de sécurité pour tous les Canadiens, ajoute-t-il.

«Je suis quand même préoccupé par ce que j’ai constaté et par ce que j’ai entendu de la part du public, des organisations qui représentent des communautés de langue officielle en situation minoritaire du Canada et de mes homologues en Ontario et au Nouveau-Brunswick», écrit le commissaire Théberge. 

Plus tôt ce mois-ci, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, avait répondu «pas maintenant» à une question en français d’une journaliste, lors de sa conférence de presse sur la situation de la pandémie de la COVID-19 dans cette province.

Au Nouveau-Brunswick, des représentants des francophones se plaignent du manque de bilinguisme au sein du gouvernement de Blaine Higgs.

«Le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue du Canada. Selon le recensement de 2006, environ 33 pour cent de la population parle français», mentionne-t-on sur le site web de la province. 

Il révèle aussi avoir reçu des plaintes à ce sujet au palier fédéral.

«Toutes les plaintes qui ont été déposées auprès du Commissariat en rapport avec la crise liée à la COVID-19 ont été dûment prises en considération et ont fait l’objet d’une enquête si elles étaient recevables. Nos interventions rapides auprès de certaines institutions fédérales ont permis soit une résolution immédiate, soit une amélioration de la situation. Nous continuerons à procéder de cette manière», a-t-il expliqué.