Marche pour le climat à Montréal: les derniers développements

MONTRÉAL — Des centaines de milliers de manifestants descendent dans les rues à travers le monde, vendredi, pour participer à une deuxième vague de mobilisation planétaire réclamant une action rapide contre les changements climatiques.

Voici notre couverture en direct du déroulement de la manifestation à Montréal et ailleurs au pays.

_ _ _

18 h 00

L’heure est aux bilans après la grande marche pour le climat à Montréal.

L’agent Manuel Couture, du Service de police de la Ville de Montréal, fait état d’une «mobilisation historique».

«Nous aimerions remercier les participants à la marche pour le climat, qui s’est avérée être un franc succès», a-t-il déclaré, en soulignant son déroulement pacifique et sécuritaire.

Toutes les artères ont pu être rouvertes à la circulation peu de temps après la fin de la manifestation.

Du côté de la Fondation David Suzuki, on recense également près d’un demi-million de manifestants.

«L’intersectionnalité et la diversité de la coalition constituent la force de ce mouvement intergénérationnel, peut-on lire dans un communiqué de l’organisme. Il est temps que les gouvernements se mettent au diapason.»

_ _ _

17 h 30

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, remet la clé de la ville à la jeune militante écologiste Greta Thunberg.

«À Montréal, les jeunes étaient déjà très mobilisés, mais pouvoir compter sur la présence de Greta aujourd’hui a donné beaucoup d’espoir et d’énergie à ces jeunes  — et moins jeunes», a souligné la mairesse, qui fait état de la plus grande manifestation de l’histoire de Montréal.

Valérie Plante a pour sa part marché aux côtés du chanteur de reggae Tiken Jah Fakoly. Elle a publié sur les réseaux sociaux des photos la montrant en compagnie de l’artiste ivoirien, qui a récemment fait paraître un album à saveur écologiste intitulé «Le monde est chaud».

_ _ _

17 h 15

Des militants antifascistes se réunissent au Square Victoria, tandis que le point d’arrivée de la manifestation, sur le boulevard Robert-Bourassa, à l’intersection de la rue Wellington, est presque complètement dégagé.

_ _ _

16 h 15

La manifestation tire à sa fin et les corps policiers rapportent une seule arrestation.

La Gendarmerie royale du Canada confirme avoir maîtrisé un homme, dont la garde a été transférée au Service de police de la Ville de Montréal.

L’agent Manuel Couture du SPVM explique qu’il s’agit d’un homme âgé de 39 ans qui aurait lancé des oeufs en direction de Justin Trudeau.

Les projectiles n’ont pas atteint le premier ministre, précise-t-il.

_ _ _

16 h 00

La militante écologiste Greta Thunberg est montée sur scène, devant une foule en liesse.

«Des millions de personnes manifestent en ce moment autour du monde, a-t-elle souligné. C’est incroyable d’être unis d’une telle façon pour une cause commune.»

L’adolescente a relevé de nombreuses similitudes entre le Canada et son pays d’origine, la Suède, tels que les hivers enneigés et le hockey sur glace.

«Vous êtes une nation qui est supposément chef de file en matière de climat. La Suède est également supposément chef de file en matière de climat. Et dans les deux cas, ça ne veut absolument rien dire», a-t-elle avancé.

À l’issue du sommet des Nations unies pour le climat, cette semaine, à New York, Greta Thunberg estime que les décideurs politiques ont à nouveau laissé tomber la jeunesse «avec leurs mots vides et leurs plans insuffisants».

«Si les gens au pouvoir n’assument pas leurs responsabilités, alors nous le ferons pour eux, a-t-elle enchaîné. Laissez nous être des enfants. Faites votre part.»

Elle a conclu son allocution avec quelques mots en français: «Le changement arrive.»

_ _ _

15 h 30

François Geoffroy, un représentant de La Planète s’invite au Parlement, a pris le micro pour annoncer à la foule que près de 500 000 personnes ont pris part à la marche, selon les calculs des organisateurs.

Il a fallu deux heures et demie pour dégager le point de départ de la manifestation, tellement il était bondé.

Au Québec, les milieux syndicaux, étudiants et communautaires ont tous répondu présents à l’appel à une grève mondiale.

Les organisateurs estiment que quelque 200 000 étudiants ont débrayé à travers le Québec, sans compter que «la majorité des institutions postsecondaires» ont levé les cours pour la journée.

Aux niveaux primaire et secondaire, les 114 000 élèves de la Commission scolaire de Montréal profitent d’une journée pédagogique.

Selon les chiffres de La Planète s’invite au Parlement, une dizaine de syndicats regroupant 7600 travailleurs, de même que plus d’une centaine de groupes communautaires sont aussi en grève vendredi.

Plusieurs entreprises ont aussi fermé leurs portes afin de permettre à leurs employés de se joindre à la marche.

Le détaillant de matériel de plein air Mountain Equipment Co-op, par exemple, n’ouvrira ses magasins qu’à partir de 17 h à travers le Canada.

Toutes les boutiques canadiennes de Lush Cosmétiques, ainsi que le siège social et les manufactures de l’entreprise, ont également fermé exceptionnellement pour la journée.

_ _ _

15 h 00

À Québec, des milliers de manifestants ont formé un cortège sur les plaines d’Abraham, près du Musée national des beaux-arts, pour descendre la Grande Allée et se rendre devant le parlement. Les participants déambulaient avec entrain et dans la bonne humeur, en scandant des slogans.

Des porte-parole des manifestants ont tenu à réagir à une lettre ouverte de M. Legault publiée le jour même. Il dit avoir entendu le «cri du coeur» des jeunes et rappelle qu’il va présenter un plan d’action au début de l’an prochain.

«C’était très, très paternaliste, c’est bien beau de dire que les jeunes sont beaux à voir, maintenant il faut qu’il pose des gestes, le gouvernement Legault continue à être complètement incohérent», a déploré Alice-Anne Simard, directrice de l’organisme Eau Secours, citant en exemple le projet d’un troisième lien entre Québec et Lévis.

_ _ _

14 h 45

Les manifestants s’amassent devant la scène qui a été érigée sur le boulevard Robert-Bourassa, à l’intersection de la rue Wellington.

L’auteur-compositeur-interprète Louis-Jean Cormier a livré une performance musicale en attendant les discours de clôture.

En première rangée devant la scène, un manifestant octogénaire souhaite que les militants qui prendront la parole mettent l’accent sur le pouvoir populaire.

«L’humanité est en danger de disparition, c’est sérieux», s’insurge Roger Julien.

Un optimisme inquiet perçait dans les propos de plusieurs autres manifestants.«Puisque tout le monde se réunit, je pense que ça va peut-être finir par faire changer les choses», a expliqué Thani Ratelle, une élève âgée de 16 ans.

Pour une autre élève de 16 ans, Taicha-Cloé Théodore, il était important d’être là. «C’est quand même notre futur, a-t-elle relevé. S’il y a les changements climatiques, c’est sûr que nos enfants vont vivre dans un monde pourri.»

_ _ _

14 h 30

Des politiciens provinciaux, tels que Manon Massé, ont également été vus dans la manifestation.

Pour la co-porte-parole de Québec solidaire, les dirigeants qui font le choix de manifester devront ensuite s’engager à agir face à l’urgence climatique.

«Une chose est sûre: tous les politiciens et politiciennes qui vont mettre les pieds dans cette marche-là aujourd’hui doivent être cohérents. C’est ça que les jeunes attendent de nous», avait-elle souligné plus tôt dans la journée.

L’annonce de la présence du ministre québécois de l’Environnement, Benoit Charette, avait été mal accueillie par les organisateurs, qui estiment que le gouvernement caquiste fait partie du problème.

_ _ _

14 h 00

Ailleurs dans la province, des marches similaires étaient également prévues dans quelques dizaines de municipalités, de Rouyn-Noranda à Gaspé, en passant par la communauté innue de Ekuanitshit, sur la Côte-Nord.

À Saguenay, les organisateurs de la marche font état d’une mobilisation qui dépasse leurs attentes. Adrien Guibert-Barthez, co-porte-parole de la Coalition Fjord, estime que plusieurs centaines de personnes se sont déplacées dans le cadre du mouvement mondial, mais aussi pour démontrer leur opposition à un enjeu bien régional: le projet de GNL Québec.

Le projet, qui consiste en la construction d’un gazoduc de 750 km qui transporterait du gaz naturel de l’Ouest jusqu’à une usine de liquéfaction à Saguenay pour ensuite l’exporter par des navires, est soutenu par le gouvernement de François Legault.

«On ne pense pas qu’un ministre, un premier ministre ou n’importe quel élu — qu’il soit provincial, fédéral ou municipal — puisse appuyer un projet comme GNL et ensuite dire qu’on va réduire les gaz à effet de serre», a-t-il fait valoir en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Les manifestants s’étaient donné rendez-vous à l’Université du Québec à Chicoutimi et ils comptent marcher jusqu’au bureau du député fédéral de Chicoutimi—Le Fjord, le conservateur Richard Martel.

_ _ _

13 h 15

Les manifestants qui ouvrent la marche ont rejoint le boulevard René-Lévesque, dont ils occupent l’entièreté des huit voies. Ils portent une banderole haute en couleur sur laquelle on peut lire «Au front pour la Terre Mère».

Justin Trudeau marche aux côtés de plusieurs candidats libéraux, dont les ministres François-Philippe Champagne et Mélanie Joly. Il est également accompagné de sa femme, Sophie Grégoire, et de leurs enfants.

La foule autour de lui chante «On avance pour la planète!» et «No pipelines!». Justin Trudeau applaudit, salue les manifestants et les remercie d’être présents.

Un homme qui transportait des oeufs a été intercepté par des agents de sécurité.

_ _ _

12 h 45

Plusieurs autres manifestations sont en cours ailleurs au pays.

Dans le centre-ville d’Ottawa, la foule s’étire sur plus d’une dizaine de quadrilatères.

À Toronto, le rassemblement prend place devant le parlement ontarien. «Systems change, not climate change», scandent les manifestants, pour réclamer des changements d’ordre systémique. 

Plus tôt en journée, des milliers de Néo-Écossais s’étaient réunis devant les quartiers généraux de Nova Scotia Power, à Halifax. Julia Sampson, une des organisatrices de la marche, âgée de seulement 17 ans, réclame un rehaussement du financement provincial des énergies vertes et une plus grande sensibilisation aux changements climatiques à l’école.

À Saint-Jean de Terre-Neuve, une foule s’est amassée devant la tour de l’horloge de l’Université Memorial. Bon nombre de manifestants cherchent à dénoncer l’industrie pétrolière de la province. Ils devaient eux aussi se rendre devant leur parlement.

_ _ _

12 h 30

La manifestation de Montréal se met en branle.

Jeunes et moins jeunes brandissent des pancartes, souvent confectionnées à partir de boîtes en carton, sur lesquelles on peut notamment lire «Terriens en détresse», «Planète à vendre» et «Il est temps de se réveiller».

Fidèles à l’esprit du point de départ de la marche, au pied du mont Royal, plusieurs manifestants jouent des percussions et divers instruments de musique.

Bon nombre d’élèves portent leur uniforme scolaire, sur lequel ils ont épinglé un cercle vert, symbole de cette mobilisation pour l’environnement.

_ _ _

12 h 00

Avant de se joindre à la marche sur le climat à Montréal, Justin Trudeau a annoncé qu’un gouvernement libéral réélu s’engage à planter deux milliards d’arbres au Canada dans la prochaine décennie.

En conférence de presse, le premier ministre sortant a tout de même défendu l’achat du pipeline Trans Mountain, qui permettra l’exportation de plus de pétrole et augmentera les émissions de gaz à effet de serre. Il dit que les profits générés par Trans Mountain seront réinvestis dans la transition énergétique.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet, qui est également présent à la manifestation montréalaise, affirme que des telles annonces ne sont que cosmétiques.

«Faire une promesse qui va être mesurable longtemps après la retraite de celui qui fait la promesse, ça ne vaut absolument rien», a-t-il dénoncé. 

«J’ai la prétention qu’au moins, chez nous, dans notre programme, c’est très clair. Il n’y a rien qui soit favorable à l’industrie pétrolière», a souligné M. Blanchet.

 _ _ _

11 h 30

Les manifestants convergent au monument à Sir George-Étienne Cartier, au parc du Mont-Royal, en vue de la grande marche pour le climat à Montréal.

Plusieurs leaders politiques y sont attendus, dont Justin Trudeau, du Parti libéral du Canada, Yves-François Blanchet, du Bloc québécois, et Elizabeth May, du Parti vert du Canada.

Le Service de police de la Ville de Montréal a effectué un important déploiement dans les environs. L’avenue du Parc a été fermée à la circulation.

En matinée, la bonne humeur régnait dans le métro, dont l’accès a été rendu gratuit pour la journée par la Société de transport de Montréal.

Ce rassemblement s’inscrit dans le cadre de l’appel à la grève mondiale pour exhorter les décideurs à agir face à l’urgence climatique. Au Canada seulement, plus de 140 manifestations similaires sont prévues à travers le pays.

 _ _ _

11 h 00

La militante écologiste Greta Thunberg s’est adressée pour la première fois au public montréalais.

Elle est apparue tout sourire, pancarte au bras: «Je suis vraiment emballée d’être ici», a-t-elle déclaré. Elle a été accueillie par des chefs autochtones qui lui ont remis des cadeaux.

La jeune Suédoise a brièvement pris la parole aux côtés d’une douzaine de groupes écologistes et a échangé quelques mots avec le célèbre écologiste David Suzuki, au pied du mont Royal, peu avant le début de la marche.

Elle s’était auparavant entretenue avec le premier ministre sortant du Canada, Justin Trudeau. Questionnée par les journalistes, elle a dit ne pas vouloir personnaliser le débat et souhaite que tous les décideurs sur la planète écoutent ce que dit la science.