Marguerite Blais annonce «un virage» dans les soins et services aux aînés

MONTRÉAL — La ministre Marguerite Blais a déposé jeudi une politique sur l’hébergement et les soins pour les aînés et elle assure que celle-ci constituera «un virage» dans la façon dont les soins et services seront désormais dispensés.

Au cours d’une conférence de presse, la ministre responsable des Aînés a expliqué qu’en vertu de cette politique, on priorisera le maintien à domicile et, lorsque cela ne sera plus possible, de l’hébergement, mais vers de plus petits milieux qu’avant.

«Oui, on s’en va vers de plus petits milieux comme les maisons des aînés, des maisons alternatives. Oui on s’en va vers ça. Mais à toutes les fois qu’on va reconstruire un CHSLD (Centre d’hébergement et de soins de longue durée) ou qu’on va rénover un CHSLD, on va s’en aller avec la même orientation de créer de plus petits milieux», a indiqué la ministre Blais.

Elle a noté qu’une somme de 10 millions $ sera consacrée à embaucher des chargés de projets pour développer cette politique d’hébergement dans les CISSS et les CIUSSS (Centres intégrés universitaires en santé et services sociaux) dans toutes les régions du Québec.

Québec a déjà embauché 8120 préposés aux bénéficiaires supplémentaires et en vise toujours 10 000, a-t-elle rappelé.

«C’est la première fois qu’on prend toutes les petites politiques, à droite et à gauche, et qu’on regarde ça dans la globalité», a-t-elle résumé.

La dynamique va changer, a-t-elle soutenu, car il faut admettre que les CHS:LD ne sont pas seulement des «milieux de vie», comme on disait jusqu’ici, mais aussi des milieux de soins, puisqu’une importante partie de la clientèle éprouve des problèmes neurocognitifs majeurs.

Elle prévoit annoncer un plan d’action à la fin de l’été ou au début de l’automne.

La Politique d’hébergement et de soins et services de longue durée prévoit spécifiquement de mieux respecter la dignité des personnes, et de soutenir leur autodétermination, par exemple.

Elle précise aussi qu’un partenariat doit être institué avec les usagers et leurs proches. De façon plus générale, elle mentionne aussi qu’il faut promouvoir et actualiser «la bientraitance» des aînés.

Bien reçu mais

Le Réseau FADOQ (anciennement âge d’or) a bien reçu les grandes lignes de la politique, mais il s’inquiète de sa mise en application dans le contexte d’un manque de personnel.

«Le manque de personnel soignant représente un obstacle majeur à la réalisation des objectifs ambitieux de cette politique. Nous espérons que le plan d’action ministériel, dont le dépôt est prévu au plus tard cet automne, répondra à nos interrogations à ce sujet », a commenté la présidente Gisèle Tassé-Goodman.