Marie-Pier Desharnais réalise le rare exploit de grimper les sept plus hauts volcans

MONTRÉAL — Après avoir atteint le sommet du mont Sidley, à 4285 mètres d’altitude, en Antarctique, Marie-Pier Desharnais est devenue mardi la première femme des Amériques à grimper les sept plus hauts volcans du monde.

«J’ai le cœur qui déborde en ce moment, et d’entendre le Québec au bout du fil, ça me fait sentir particulièrement loin. Mais ça va bien, je me sens pleine de gratitude aujourd’hui d’avoir mené ce projet à terme», a déclaré l’alpiniste en entrevue depuis l’Antarctique.

Selon un communiqué diffusé mercredi, la Québécoise a escaladé le mont Sidley en compagnie d’un groupe de quatre personnes, qui a été scindé en deux au cours du périple afin d’assurer une vitesse constante et d’éviter les engelures.

Deux semaines plus tôt, le 2 janvier, Marie-Pier Desharnais avait réussi en seulement trois jours l’ascension du mont Vinson (4892 m), qui se dresse sur le même continent. L’escalade avait été beaucoup plus ardue, a précisé la grimpeuse, notamment en raison de la hauteur du sommet et de la rapidité à laquelle le groupe progressait.

«Ç’a été adouci par le fait que j’ai atteint un sommet de l’Antarctique avec seulement une couche de base et un chandail à capuchon : c’est du jamais vu. J’ai passé une heure en haut à prendre des photos, et je pense que les gens qui travaillent ici n’ont jamais vu de conditions comme ça en 15 ans», a-t-elle souligné.

Marie-Pier Desharnais a ajouté que son périple avait été légèrement perturbé par un don de sang effectué quelques jours avant Noël.

«C’était mon premier don, et j’ai tellement mal pensé à mes affaires. Une fois sur la chaise de Héma-Québec, j’ai réalisé que mon hémoglobine, j’en avais besoin pour m’acclimater! a raconté l’athlète en riant. Petite note à moi-même : prochaine fois que je donnerai du sang, je penserai un peu plus à long terme.»

Un projet pour la réussite des femmes

Ce voyage vient conclure son projet Apex Woman, qui visait à élever l’empreinte féminine sur cinq des sommets les plus difficiles et «techniques» de la planète. L’alpiniste a ainsi complété l’ascension des monts Ojos des Salado (6893 m), Everest (8848 m), K2 (8611 m), Vinson (4892 m) et Sidley (4285 m).

«Je me trouvais quand même seule dans ce monde d’hommes, et j’avais envie que d’autres femmes ne se laissent pas intimider par le fait que c’est très compétitif, a indiqué Marie-Pier Desharnais. (…) C’est un domaine assez intimidant quand tu commences, et je voulais inspirer des femmes à pousser jusqu’au bout».

En plus de son projet Apex Woman, la native de Victoriaville avait aussi dans sa mire un record mondial : devenir la première femme à grimper les sept plus hauts sommets montagneux et les sept plus hauts sommets volcaniques sur sept continents. Ses deux dernières ascensions venant boucler le défi des volcans, il ne lui reste désormais que Le Denali (6190 m), en Alaska, pour compléter les sept montagnes les plus hautes de la planète.

Elle tentera ainsi d’atteindre le pic du Denali pour la deuxième fois en quatre ans, sa première tentative n’ayant pu être achevée en raison des conditions météorologiques.

L’alpiniste s’est dit «prête» à relever ce prochain défi, ajoutant qu’elle avait acquis beaucoup d’expérience depuis son dernier essai. Elle a aussi précisé qu’elle partirait cette fois en groupe privé, plutôt que de se joindre à une excursion commerciale.

«Mon approche pour cette deuxième tentative va être complètement différente. (…) Avec deux ou trois amis alpinistes, on va partir préacclimatés, ce qui va nous permettre de profiter des fenêtres climatiques au lieu de nous reposer», a-t-elle expliqué, ajoutant qu’elle comptait avoir complété l’ascension en juin 2023.

À 37 ans, Marie-Pier Desharnais a déjà quelques records d’alpinisme en poche. En juillet dernier, elle est également devenue la première femme canadienne à se hisser au sommet du K2, le deuxième pic le plus haut au monde.

Après un long périple en Antarctique, l’athlète compte revenir au Québec pour livrer quelques conférences sur son expérience dans les montagnes. Sa rencontre avec la Québécoise Caroline Côté – qui vient tout juste de battre le record mondial féminin pour atteindre le pôle Sud en ski de fond sans assistance – l’a motivée à entreprendre de nouveaux projets.

«Elle venait de terminer son challenge quand je l’ai rencontrée pour la première fois, et ça m’a donné le goût de collaborer entre nous, d’avoir des projets qui allient des femmes du Québec, a souligné Marie-Pier Desharnais. Aider les gens et les épauler dans l’atteinte de leurs propres défis, c’est vers quoi je veux me tourner aussi au fil du temps».

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse canadienne pour les nouvelles.

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