Mark Carney: une récession est probable, des compressions budgétaires seront requises

OTTAWA — L’ancien gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney a affirmé jeudi qu’une récession mondiale était probable et qu’il serait difficile pour le Canada d’éviter un ralentissement économique similaire. 

Lors d’un témoignage devant le comité sénatorial des banques, du commerce et de l’économie, M. Carney a déclaré que le Canada pourrait s’en tirer mieux que d’autres en raison de facteurs atténuants tels que ses liens avec les États-Unis et sa forte reprise du marché du travail après la pandémie. 

Un nombre croissant d’économistes prévoient que le Canada entrera en récession alors que la Banque du Canada et d’autres banques centrales du monde entier augmentent les taux d’intérêt pour tenter de ralentir la forte inflation. 

Même si l’inflation a ralenti ces derniers mois, le rythme de croissance des prix demeure exceptionnellement élevé et largement supérieur à la cible de 2,0 % de la Banque du Canada. 

En septembre, l’inflation annuelle du Canada était de 6,9 %. 

Dans une déclaration qui contrastait avec ses précédentes interventions au sujet de l’économie, la vice-première ministre, Chrystia Freeland, a averti les Canadiens cette semaine que des temps difficiles s’annonçaient alors que l’économie réagit à des taux d’intérêt plus élevés. 

«Les paiements hypothécaires vont augmenter. Les affaires ne seront plus en plein essor, a déclaré Mme Freeland. Notre taux de chômage ne sera plus à un creux record.» 

La Banque du Canada a relevé son taux d’intérêt directeur à cinq reprises depuis mars, le faisant passer de 0,25 % à 3,25 %. Les hausses de taux alimentent l’augmentation des coûts d’emprunt pour les Canadiens et les entreprises, ce qui devrait ralentir les dépenses dans l’économie. 

Malgré l’augmentation des taux à l’une des cadences les plus rapides de son histoire, la banque centrale a prévenu que les taux d’intérêt devraient augmenter pour atténuer la forte inflation. Les observateurs s’attendent à une nouvelle hausse importante du taux directeur mercredi prochain, lorsque la Banque du Canada annoncera sa prochaine décision à ce sujet. 

M. Carney a félicité la Banque du Canada «d’agir intelligemment et avec dynamisme pour resserrer les taux d’intérêt». 

En réponse à une question sur les causes de la forte inflation au Canada, M. Carney a estimé qu’elle avait d’abord été déclenchée par des circonstances mondiales, mais qu’elle s’était depuis transformée en un problème national. 

L’ancien gouverneur, qui a également été à la tête de la Banque d’Angleterre, a expliqué que la hausse des prix des matières premières et les problèmes de chaîne d’approvisionnement avaient alimenté l’inflation pendant la pandémie, mais que depuis lors, l’inflation s’était étendue à davantage de secteurs de l’économie. 

M. Carney a fait valoir que si les mesures de soutien à la pandémie étaient nécessaires lorsque la COVID-19 a frappé, elles avaient néanmoins duré trop longtemps et alimenté l’inflation. 

«Avec le recul — et tout semble toujours limpide après coup — cette aide a sans doute duré un peu plus longtemps que ce qui était strictement nécessaire», a observé M. Carney. 

M. Carney a fait valoir que la situation économique actuelle nécessitait des compressions budgétaires, même si des aides ciblées restaient appropriées. 

«C’est le moment de réduire les déficits, à mon avis, pas de les augmenter.» –

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