Martine Ouellet se lance dans la course à la direction du Bloc québécois

MONTRÉAL – La députée péquiste de Vachon, Martine Ouellet, a confirmé, dimanche matin, qu’elle briguera la direction du Bloc québécois, tentant ainsi de faire le saut dans l’arène de la politique fédérale, un jour après le lancement de la course à la direction de la formation indépendantiste.

Samedi, les délégués du Bloc québécois ont adopté la date du 22 avril pour couronner leur prochain chef, suivant la proposition du Bureau national.

Martine Ouellet, entourée de plusieurs députés bloquistes qui l’appuient tels que Marilène Gill (Manicouagan) et Xavier Barsalou-Duval (Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères), a soutenu en conférence de presse que les indépendantistes doivent intervenir «partout où les décisions se prennent», présentant comme un «avantage» le fait «d’avoir un pied à Québec et à Ottawa».

Celle qui a tenté, à deux reprises, d’être élue chef du Parti québécois a du même souffle annoncé qu’elle se retire temporairement du caucus péquiste «par cohérence» avec les engagements qu’elle a pris et «par respect pour les deux formations». La députée provinciale dit qu’elle continuera toutefois de siéger à l’Assemblée nationale sous les mêmes couleurs tout au long de la course.

Elle entend ensuite, si elle devient chef, devenir députée indépendante provinciale tout en dirigeant le Bloc, une double posture qui serait «une erreur» selon l’ex-chef de la formation, Gilles Duceppe, et qui inquiète d’autres membres tels que le leader parlementaire du parti, Luc Thériault.

Écartant ces critiques, Mme Ouellet s’est engagée, dimanche, à «porter haut et fort» la voix des Québécois sur «les enjeux environnementaux, économiques (et) sociaux», citant le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada comme un «exemple éloquent et clair» de la nécessité de concrétiser l’indépendance du Québec.

«En attendant qu’on s’occupe de notre argent sans intermédiaire, les indépendantistes doivent être partout où les décisions se prennent», a fait valoir l’ancienne ministre des Ressources naturelles sous le gouvernement de Pauline Marois, livrant un plaidoyer contre le lobby pétrolier et faisant la promotion des énergies vertes.

Elle a salué l’«excellent travail» du Bloc, qui compte 10 députés à la Chambre des communes, mentionnant notamment le retrait des dispositions de la loi C-29 sur la protection des consommateurs «qui auraient permis aux banques de contourner la loi québécoise».

Mme Ouellet a aussi promis de défendre les agriculteurs et les fromagers du Québec qui risquent, selon elle, d’en pâtir avec l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne.

Présent au cours de la conférence de presse, l’ancien ministre péquiste Gilbert Paquette — il était un de ceux qui avaient démissionné à la suite du «beau risque» de René Lévesque — a affirmé que Mme Ouellet était la «meilleure candidate pour regrouper tous les indépendantistes» et pour faire front contre le «Canada pétrolier».

La députée bloquiste de Manicouagan, Marilène Gil, a exprimé son «plaisir» de voir Mme Ouellet «enfin se lancer dans la course». Elle a souligné que la candidate connaît les dossiers du Québec qui se trament tant à l’Assemblée nationale qu’aux Communes, ajoutant que celle-ci porte aussi attention aux questions qui touchent les régions comme celle de Manicouagan.

«Je dois le dire — étant une femme en politique — pour moi de voir une femme qui veut se porter chef d’un parti crédible et très important pour le Québec à Ottawa, c’est un immense plaisir.»

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a quant à lui souhaité «bonne chance» à Martine Ouellet et à tous les autres candidats potentiels sur son compte Twitter.

Le député péquiste Claude Cousineau (Bertrand) — qui était présent au point de presse de dimanche matin — a pour sa part lancé que «Martine (Ouellet) va faire de façon impeccable la jonction entre Québec et Ottawa sur les questions qui touchent le Québec».

M. Cousineau avait appuyé Véronique Hivon — et non Mme Ouellet —lors de la dernière course à la direction du Parti québécois.

Les candidats à la direction du Bloc ont jusqu’au 14 mars pour recueillir 1000 signatures dans au moins 25 circonscriptions et déposer leur bulletin de candidature, en fournissant également un chèque de 15 000$.

Jusqu’à maintenant, Félix Pinel — un candidat bloquiste défait dans la circonscription de Rivière-des-Mille-Iles lors de l’élection fédérale de 2015 — est le seul autre candidat à avoir manifesté son intention de se présenter dans la course.

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9 Février 2017

Valeur ajoutée

Malgré un débat mouvementé sur la date, les délégués du bloc Québécois ont votés majoritairement pour tenir une course à la chefferie en 2017 en élisant un chef aussitôt que le 22 avril. Pourquoi gaspiller de l’énergie physique et humaine 3 ans avant les prochaines élections fédérales.

Avec ou sans nouveau chef la quatrième opposition avec ses 10 députés n’aura pas plus de pouvoir, de crédibilité ou de vision médiatique qu’actuellement. Pourquoi ne pas attendre l’année précédent la prochaine élection fédérale ce qui donnerait un pouvoir médiatique important et une valeur ajoutée intéressante.

Les énergies doivent se concentrer actuellement sur les élections municipales qui se tiendront en 2017 et par la suite les élections provinciales en 2018. Les citoyens des villes devront choisir les hommes et les femmes qui gèreront leur municipalités respectives dans un contexte économique des plus difficiles. Il faudra dire aux candidats qui veulent se faire élirent qu’il est fini le temps du gaspillage, du garochage d’argent sans planification et sans consultation.

Par la suite on s’occupera des élections fédérales qui sont très loin dans notre mire.