Matthew Raymond, détenu à l’hôpital, n’a pas obtenu de privilèges, mercredi

FREDERICTON — Une commission d’examen a refusé d’accorder de nouveaux privilèges à l’homme déclaré non criminellement responsable des meurtres de quatre personnes en 2018 à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

Matthew Raymond est détenu au Centre hospitalier Restigouche, à Campbellton. En décembre dernier, le juge Larry Landry, de la Cour du banc de la reine, avait jugé Raymond «à haut risque» et ordonné qu’il soit détenu dans un hôpital à haute sécurité.

Le 10 août 2018, Raymond avait abattu deux civils, Donnie Robichaud et Bobbie Lee Wright, puis les policiers municipaux Sara Burns et Robb Costello, accourus sur les lieux. Au cours du procès de neuf semaines pour quatre meurtres au premier degré, la défense a plaidé avec succès que Raymond souffrait d’une maladie mentale — il croyait se défendre ce jour-là contre des démons.

Comme le prévoit la loi, une commission d’examen provinciale devait tenir une audience et rendre une nouvelle décision à l’intérieur d’une période de 90 jours suivant la décision du tribunal de détenir Raymond dans un hôpital. Les participants à l’audience, dont Raymond, sa mère Shirley Raymond et des membres de l’équipe médicale de l’hôpital, étaient reliés par visioconférence, mercredi.

Dans son rapport, rédigé le 1er mars, le psychiatre Ralph Holly a indiqué que Raymond suivait son plan de traitement, mais qu’il constituait toujours une menace pour la société. Selon le docteur Holly, l’inculpé peut se promener dans l’unité où il est détenu, mais il a demandé à la commission d’examen des privilèges supplémentaires, notamment des sorties, accompagné, à l’extérieur de l’hôpital.

Dans son ordonnance de décembre, le juge Landry précisait que Raymond devait demeurer détenu à l’hôpital Restigouche et ne pouvoir sortir que si «un plan structuré avait été préparé pour faire face à tout risque». Or, la commission d’examen a conclu mercredi qu’un tel plan n’avait pas été préparé et que, par conséquent, les privilèges supplémentaires lui étaient refusés.

La commission a toutefois accepté de permettre à la mère de Raymond de lui rendre visite à l’hôpital, maintenant que le Nouveau-Brunswick est revenu en «zone jaune» de ses mesures sanitaires.

Raymond a eu l’occasion de prendre la parole lors de l’audience, mercredi, pour dire qu’il était «vraiment désolé» de ce qui s’était passé. «Je suis triste pour les défunts et je suis triste pour les familles, et je pense à eux tout le temps. Ce sont pour moi des personnes précieuses», a-t-il dit.

Les membres de la commission d’examen ont indiqué que huit déclarations de victimes lui avaient été soumises, mais aucune n’a été lue à haute voix lors de l’audience, mercredi.

La commission d’examen devra maintenant se réunir chaque année afin de réviser la décision du tribunal. Le procureur de la Couronne Claude Hache a vainement demandé que cette période soit prolongée à trois ans, mais la commission a rappelé que le rapport du psychiatre indiquait un potentiel d’amélioration de l’état de Raymond.

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