Matthew Raymond, non criminellement responsable de quatre meurtres, sera interné

FREDERICTON — Matthew Raymond, déclaré par un jury non criminellement responsable du meurtre de quatre personnes à Fredericton en 2018, est jugé «à haut risque» et devra être détenu dans un hôpital de haute sécurité.

L’homme n’a montré aucune émotion, jeudi, lorsque le juge Larry Landry a ordonné son retour en détention au Centre hospitalier Restigouche, à Campbellton, à l’issue d’une audition pour déterminer la décision à rendre après le verdict de non-responsabilité criminelle. 

Depuis la fenêtre de son appartement, le 10 août 2018, Matthew Raymond avait tué par balle Donnie Robichaud et Bobbie Lee Wright, dans la cour de l’immeuble, avant d’abattre les policiers municipaux Sara Burns et Robb Costello, les premiers dépêchés sur les lieux de la fusillade. 

Lors du procès de neuf semaines pour meurtres au premier degré, la défense a soutenu que l’accusé souffrait d’une maladie mentale et croyait qu’il se défendait contre des démons. En novembre, au quatrième jour des délibérations, les jurés l’ont effectivement déclaré non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux. 

En vertu du Code criminel, le juge au procès avait alors trois options: la libération inconditionnelle, la libération sous réserve, ou la détention dans un hôpital.

«Menace importante»

Le psychiatre Ralph Holly avait posé un diagnostic de schizophrénie. Jeudi, par visioconférence, il a plaidé devant le juge Landry que M. Raymond devait continuer à prendre des médicaments antipsychotiques et suivre son traitement. «Actuellement, M. Raymond demeure une menace importante pour la société et il a besoin d’une stabilisation supplémentaire au Centre hospitalier Restigouche», a-t-il déclaré.

Des membres de son équipe soignante ont aussi expliqué au juge que pour éviter une rechute de son état, M. Raymond devait continuer de prendre ses médicaments et de suivre ses traitements. «Un facteur important qui pourrait déclencher la violence chez le sujet serait le non-respect de sa prise de médicaments», a écrit la psychologue clinicienne Kimberly Wilson. «Il n’a pas admis qu’il souffrait de schizophrénie lors des entretiens.»

Les membres des familles des victimes ont sangloté, jeudi, pendant que les déclarations des victimes étaient lues devant le tribunal. «C’est comme si quelqu’un avait pris l’air de mes poumons, le sang de mon être et le cœur de ma poitrine, et pourtant je dois encore vivre», a lu en tremblant Jackie McLean, veuve de l’agent Costello. «Comment puis-je vivre dans un monde où mon soleil a disparu?»

Dans une décision prononcée à l’audience, sans délibéré, le juge a finalement opté pour la détention à l’hôpital. Pour déterminer que M. Raymond présentait un risque élevé, le juge Landry a déclaré qu’il avait pris en compte les preuves au procès, les rapports des médecins et les déclarations des victimes. Selon lui, M. Raymond continuera d’être considéré à haut risque jusqu’à ce qu’un tribunal en décide autrement. 

Comme le prévoit la loi, une commission d’examen provinciale devra tenir une audience et rendre une nouvelle décision à l’intérieur d’une période de 90 jours. Une commission d’examen devra ensuite tenir une audience chaque année afin de réviser la décision. 

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