Maxime Bernier accueilli par des manifestants agressifs à Hamilton

HAMILTON — Une manifestation pour dénoncer la présence de Maxime Bernier à une activité de la droite en Ontario a dégénéré, dimanche soir, alors que manifestants et partisans en sont même venus aux coups.

Des échauffourées ont éclaté près de l’entrée d’une salle du Collège Mohawk de Hamilton avant le début d’une «table ronde sur la liberté d’expression», réunissant le chef du Parti populaire du Canada et le commentateur politique américain David Rubin. La police a indiqué que quatre personnes avaient été arrêtées pour atteinte à la paix publique, puis relâchées par la suite; on ne signale aucun blessé.

Des manifestants, dont certains étaient masqués, brandissaient des pancartes proclamant «La suprématie blanche, c’est du terrorisme» et «Les réfugiés sont les bienvenus ici». Les sympathisants qui arrivaient au rassemblement de la droite libertarienne étaient accueillis par des slogans comme «Racailles nazies, hors de nos rues».

Certains manifestants ont tenté physiquement d’empêcher des partisans d’entrer au collège — on a même bloqué le passage d’une femme âgée qui utilisait une marchette, tout en lui criant des injures. Des sympathisants du Parti populaire, dont au moins un portait la casquette «Make America Great Again» de Donald Trump, répondaient parfois aux manifestants derrière le barrage policier.

S’adressant aux journalistes après l’événement, M. Bernier a déploré ces troubles, déclarant que son parti et ses politiques étaient mal compris. «C’est la première fois que ça m’arrive et je dois admettre que je n’ai pas aimé ça. Ce n’est pas canadien», a-t-il déclaré à propos des épithètes lancées par les manifestants.

L’hôte de l’événement critiqué

«Ces personnes n’ont pas pris le temps de lire notre plate-forme parce que ce qu’elles disaient, ce n’est pas qui nous sommes et qui je suis en tant que politicien, a soutenu M. Bernier. C’est dommage qu’elles ne veuillent pas discuter. Nous ne pouvons pas débattre lorsque les gens ne veulent pas entendre ce que vous dites vraiment.»

Ce débat sur la liberté d’expression, avec M. Bernier et le commentateur de droite David Rubin, était voué à la polarisation dans une ville que certains experts décrivent comme un terreau fertile pour l’extrême droite. Le Collège Mohawk de Hamilton avait d’ailleurs été critiqué pour avoir permis à M. Bernier d’y louer une salle, certains accusant l’établissement de fournir une plate-forme au discours haineux. Le président du collège, Ron McKerlie, a expliqué que l’établissement était lié par la «politique de liberté d’expression imposée par le gouvernement», qui l’oblige à donner à quiconque la possibilité de faire entendre son point de vue.

M. Bernier dénonce dans ses discours et son programme «l’immigration de masse» et le «multiculturalisme extrême»; il a promis de réduire considérablement le nombre d’immigrants admis au Canada, affirmant que le pays devrait d’abord s’occuper de ses propres citoyens.

Le chef du Parti populaire a également déclaré que le changement climatique ne constituait pas une menace imminente. Quelques jours seulement après les grandes marches pour le climat à travers le pays, M. Bernier a qualifié dimanche ce mouvement de «religion» et a souhaité que les gens «se réveillent bientôt». Une partie de l’assistance a d’ailleurs hué lorsqu’on a prononcé le nom de la jeune militante suédoise Greta Thunberg, figure de proue du mouvement des «grèves scolaires pour le climat».

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