Maxime Bernier courtise les Québécois en se drapant dans le fleurdelisé

QUÉBEC — Si les Québécois connaissaient mieux le Parti populaire du Canada, peut-être seraient-ils moins tentés de voter pour le Bloc québécois, a suggéré Maxime Bernier lors d’un arrêt à Québec, vendredi.

Entouré d’une poignée de candidats, le chef du Parti populaire a dit trouver la montée du Bloc «un peu surprenante». Il a fait valoir que ses positions étaient tout aussi nationalistes, sinon plus, que celles du chef bloquiste Yves-François Blanchet. 

Un gouvernement dirigé par Maxime Bernier réduirait les seuils d’immigration et s’assurerait que le Québec puisse choisir ses immigrants, a-t-il dit.

Il accueillerait un ratio plus important d’immigrants économiques et ferait passer à tous les nouveaux arrivants un test des valeurs, tel que prôné par le premier ministre du Québec, François Legault.

«M. Legault, en ce qui concerne l’immigration, on est le seul parti qui répond à ses aspirations, a-t-il déclaré. C’est mon appel que je fais aux nationalistes québécois.» 

Seulement 26 pour cent des immigrants au Canada sont des immigrants économiques, tandis que 74 pour cent sont des «dépendants», déplore M. Bernier. Il propose d’accueillir un maximum de 150 000 immigrants par année.

Tous devront passer un test des valeurs. «Le plus important, c’est que M. Legault demande un test des valeurs pour les immigrants. On est le seul parti qui a concrétisé le fait que oui, nous allons faire un test des valeurs.

«Nous allons nous assurer que les 150 000 immigrants, nouveaux Canadiens, puissent avoir une entrevue avec un fonctionnaire et oui, il y aura des questions posées sur les valeurs (…) la liberté, le respect, l’équité et le pluralisme», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, M. Bernier promet de respecter la Constitution et de ne jamais s’ingérer dans les champs de compétence du Québec et des autres provinces. Cela voudrait dire, par exemple, remplacer les paiements en santé par un transfert de points d’impôt aux provinces. 

«Je pense que les Québécois ne connaissent pas notre programme. (…) Avec nous, c’est certain qu’il n’y aura pas d’ingérence.

«Cette montée du Bloc québécois est un peu surprenante, mais si on regarde notre plateforme électorale, et je la compare à celle du Bloc québécois, je peux dire aux Québécois nationalistes qu’ils ont une place au sein de notre parti», a-t-il dit.

Révolution du gros bon sens

Créé il y a un an, le Parti populaire du Canada, un parti de droite, espère faire élire «plus qu’un député» le 21 octobre. Déjà, il peut se féliciter d’avoir «écrit l’histoire», affirme M. Bernier, car il présente 315 candidats dans les 338 circonscriptions canadiennes.

Croyant ferme à sa propre réélection en Beauce, Maxime Bernier rejette les sondages qui suggèrent que son parti ne récoltera que 2 pour cent des votes. 

Sur le terrain, c’est une tout autre histoire, insiste-t-il. Le Parti populaire aurait l’appui de gens qui votaient jadis pour d’autres partis, ou qui ne votaient pas du tout, des gens «désabusés de la politique traditionnelle».  

«Une révolution du gros bon sens a lieu au Canada, et ces gens-là qui sont silencieux, qui ne répondent peut-être pas aux sondages, qui ne veulent pas exprimer leur point de vue, il y a une grande partie de ces gens-là qui, d’après moi, vont nous appuyer.»

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