Maxime Bernier intente une poursuite en diffamation contre un commentateur

TORONTO — Maxime Bernier intente une poursuite en diffamation contre un commentateur et stratège politique canadien.

L’ex-député de Beauce et chef du Parti populaire du Canada allègue que Warren Kinsella l’a qualifié à plusieurs reprises de raciste, dans des médias sociaux et des articles de blogue, avant, pendant et après la campagne électorale fédérale de l’année dernière. Dans sa déclaration, M. Bernier affirme que ces commentaires ont nui à sa réputation et l’ont soumis à l’opprobre et à l’embarras.

M. Kinsella a déjà écrit dans un blogue qu’il ne se rétracterait pas. Son avocat, Me David Shiller, s’est dit convaincu mercredi que cette poursuite ne tiendra pas la route devant les tribunaux. «M. Bernier tente de supprimer tout débat public sur ses opinions d’extrême droite», a-t-il déclaré.

Dans sa poursuite, qui n’a pas encore été examinée par la Cour supérieure de l’Ontario, M. Bernier réclame des aveux ainsi que 325 000 $ en dommages et intérêts. Il allègue notamment que le Parti conservateur a embauché M. Kinsella et son cabinet-conseil, Daisy Group, pour mener une campagne de relations publiques contre lui dans les mois précédant le scrutin. M. Bernier était membre du Parti conservateur avant de fonder le tout nouveau Parti populaire du Canada, qui n’a pas réussi à remporter un seul siège aux élections d’octobre.

M. Bernier attribue d’ailleurs indirectement aux attaques répétées de M. Kinsella sa piètre performance dans la circonscription de Beauce et celle de son parti en général. Il soutient que les propos diffamatoires ont donné une image fausse de ses opinions et de sa personne, et l’ont forcé à consacrer du temps et de l’énergie à se défendre contre des propos malveillants.

Maxime Bernier avait fondé le Parti populaire après avoir perdu de justesse la course à la direction du Parti conservateur du Canada, au profit d’Andrew Scheer, en 2017. Il plaidait alors qu’une solution de rechange était nécessaire, car le Parti conservateur était «trop corrompu intellectuellement et moralement pour être réformé».

Pendant la campagne électorale, à la tête du Parti populaire, il s’est prononcé notamment contre ce qu’il a appelé le «multiculturalisme extrême», promettant de réduire les seuils d’immigration et de s’assurer que les nouveaux arrivants répondent aux besoins économiques du Canada. Ses adversaires ont soutenu qu’il n’en faisait pas assez pour éliminer de son parti ce qu’ils qualifiaient d’éléments racistes et ils ont raillé ses positions climatosceptiques.

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