McCann: la liberté académique est fondamentale et doit être protégée

MONTRÉAL — La ministre québécoise de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, se dit «très préoccupée» par ce qui est arrivé à l’Université d’Ottawa et croit qu’il faut protéger la liberté académique et la liberté d’expression dans le cadre des cours.

Protéger ces libertés, «c’est une question de principe fondamentale», a-t-elle dit en entrevue avec La Presse Canadienne, mardi.

«Il faut d’abord et avant tout réitérer combien la liberté académique et la liberté d’expression, dans le cadre des cours, des formations, c’est essentiel. Il faut que ce soit protégé. Dans le cadre de la mission de l’université, qui est la transmission du savoir, il faut que ce soit réitéré», a insisté la ministre McCann.

Elle affirme toutefois que les universités ont une responsabilité à cet égard. «L’avenue qu’il faut prendre, c’est le dialogue. Et, dans ce sens-là, les universités ont vraiment une responsabilité de trouver des voies de passage avec les étudiants, en protégeant leurs professeurs, aussi, dans le cadre de cours, de formations où on doit débattre de ces questions.»

Du même souffle, la ministre de l’Enseignement supérieur rappelle qu’il faut aussi faire preuve de sensibilité à l’endroit de l’utilisation de certains mots qui pourraient «froisser» des étudiants.

Un projet de loi?

Quant à la demande de la Fédération québécoise des professeurs d’université — un regroupement de syndicats représentant 8200 professeurs dans les universités au Québec — qui souhaite l’adoption d’un projet de loi pour garantir la liberté académique, la ministre McCann s’est dite prête à l’analyser.

Elle rappelle d’ailleurs que le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, doit mener une consultation, en novembre, sur «l’université du futur» et que la question de la liberté académique doit y être abordée.

Recteurs d’universités

Le Bureau de coopération interuniversitaire — anciennement la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec — a décliné la demande d’entrevue de La Presse Canadienne.

Toutefois, il «considère qu’il appartient à chacun des établissements universitaires québécois de déterminer ses propres politiques, règlements et procédures en matière de respect des personnes, à l’intérieur des cadres légaux et réglementaires qui s’appliquent au Québec et au Canada».

De même, «il appartient à chaque établissement de voir à appliquer de façon équitable les principes-clés de liberté académique et de liberté d’expression, de façon à remplir sa mission d’enseignement, de recherche et de services à la collectivité, tout en veillant au développement de la pensée critique nécessaire à sa réalisation et à l’avancement de notre société».

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