Médecins de famille: Barrette accentue la pression pour atteindre ses cibles

QUÉBEC – La plupart des Québécois à la recherche d’un médecin de famille devraient, en principe, voir leurs efforts récompensés avant la fin de l’année.

C’est le pari que fait le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en accentuant la pression sur les 9500 médecins de famille du Québec, afin qu’ils acceptent de prendre en charge un plus grand nombre de patients dans les mois qui viennent.

Si chacun d’eux fait l’effort d’inscrire, chaque jour, un ou deux nouveaux patients sur sa liste, le compte devrait être bon avant le début de 2018.

De plus en plus de Québécois ont un médecin de famille depuis 2014, a convenu le ministre mercredi en point de presse, mais on est encore loin des cibles visées.

Collectivement, les médecins omnipraticiens doivent donc redoubler d’ardeur et prendre sous leur aile 834 000 patients de plus qu’aujourd’hui, d’ici le 31 décembre, soit dans un peu plus de 10 mois. Cela signifie 76 000 nouvelles inscriptions par mois.

L’objectif est ambitieux, mais «ça se fait», a commenté M. Barrette.

Son message aux médecins: vous êtes sur la bonne voie, mais il faut accélérer les choses. La progression observée depuis deux ans est intéressante, a commenté le ministre, graphiques à l’appui, mais le temps file et il n’est pas question de revoir la cible à la baisse.

Les médecins devront donc accepter de prendre les bouchées doubles, étendre leur clientèle et accroître leur disponibilité aux patients dans leur cabinet.

Sinon, armé de sa loi 20 dont l’application a été suspendue, le ministre Barrette leur imposera des sanctions financières.

«Je souhaite que la loi ne soit pas appliquée», a-t-il dit, mais pour cela il faut «que tout le monde fasse son effort».

Son objectif demeure le même: faire en sorte que 85 pour cent de la population québécoise ait un médecin de famille d’ici décembre 2017 et qu’elle ait accès à son médecin en cabinet, au lieu de devoir se rendre à l’hôpital, quand un problème de santé survient.

Au 31 décembre dernier, 77 pour cent des Québécois avaient un médecin de famille, soit 555 856 patients de plus que deux ans auparavant. En juin 2015, c’était le cas pour 69 pour cent d’entre eux. Il y a donc progression, mais elle n’est pas suffisante.

Pour les médecins, «ce serait une erreur grave de ralentir ou de penser que c’est terminé», prévient le ministre, qui n’hésitera pas à appliquer sa loi 20 dès le début 2018 et à couper leur rémunération.

Le ministre Barrette multiplie les initiatives destinées à forcer la main aux médecins pour qu’ils modifient leur pratique.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a réagi aux propos du ministre en rappelant que leurs efforts en ce sens au cours des cinq dernières années avaient permis «à 1 145 000 Québécois supplémentaires d’avoir un médecin de famille».

Ces derniers mois, la FMOQ parle d’un «nombre historique d’inscriptions».

La fédération demande cependant au ministre de «lever les obstacles» sur le chemin de l’atteinte de ses cibles de prise en charge de nouveaux patients.