Mélaric devient le Centre Robert-Piché et change ses façons de faire

MONTRÉAL – Le centre de désintoxication Mélaric relance ses activités sur une nouvelle base, et adoptera la désignation Centre Robert-Piché, du nom du pilote devenu célèbre pour avoir fait atterrir un avion d’Air Transat d’urgence en 2001.

Celui qui a déjà lui-même eu des problèmes d’alcool était devenu le nouveau président du conseil d’administration au printemps dernier, disant vouloir repartir «avec un nouveau plan pour rendre la chose viable».

Le centre, qui offre des services aux hommes adultes ayant des problèmes de dépendance, est situé à Saint-André-d’Argenteuil, dans les Laurentides.

L’établissement, après avoir fermé en janvier dernier, a de nouveau accueilli des clients en mai, notamment grâce à un financement global récurrent du gouvernement du Québec de 6 millions $ prévu pour soutenir l’ensemble des ressources certifiées offrant de l’hébergement en dépendance.

Vendredi, le départ d’une autre membre du conseil d’administration a été annoncé. Il ne reste qu’un seul administrateur sur le conseil qui était en fonction avant la fermeture. La vice-présidente du conseil Lise Bourgault — présidente du conseil et directrice générale adjointe avant la fermeture en janvier — a démissionné de ses fonctions.

En fait, un différend dans une réorganisation des activités serait à l’origine du départ de Mme Bourgault, qui siégeait au conseil d’administration de Mélaric depuis 2010, a indiqué à La Presse canadienne le directeur général intérimaire, Dimitri Pantelakis.

Mme Bourgault n’a pu être jointe pour obtenir ses commentaires.

M. Pantelakis a indiqué que l’établissement se lançait dans le modèle des alcooliques anonymes — en coexistence, «pour l’instant», avec la thérapie communautaire associée au centre Mélaric. De plus, selon le directeur général intérimaire, le nouveau conseil d’administration souhaite que l’établissement augmente sa proportion de clients de travailleurs, assurés par leur employeur, et réduise celle de gens sur l’aide sociale «plus judiciarisés et très vulnérables».

Est-ce que cette augmentation de la part de travailleurs — de «gens qui ont moins perdu les rênes de leur vie», pour reprendre les termes de M. Pantelakis — serait motivée par le fait que ceux-ci nécessiteraient des soins moins coûteux?

«Ce n’est pas relié au financement, et cela ne demande pas une logistique différente. C’est davantage lié au nouveau conseil d’administration en fonction de leurs connaissances et de leurs réseaux», a simplement répondu le directeur général intérimaire, qui avait été nommé directeur général adjoint-clinique en mars 2015.

L’ouverture officielle du Centre Robert-Piché — «imminente», selon M. Pantelakis — doit permettre d’évaluer les réactions à ce virage effectué par le conseil d’administration, et accroître le nombre de clients en augmentant la visibilité de l’établissement.

Selon M. Pantelakis, l’établissement compte actuellement 20 travailleurs et 45 clients — comparativement à 75 clients avant la fermeture.

«Ce sont des décisions qui relancent un peu l’animosité, qui relancent des débats qui ont été longuement discutés auparavant, a-t-il confié. (…) Tout dépendra de l’impact de l’ouverture officielle. On verra comment ce sera accueilli dans l’opinion publique, comment ça va bouger. Nos partenaires, que ce soit nos partenaires correctionnels ou d’autres partenaires, on verra comment ils accueilleront les changements.»