Changements climatiques : l’érable à sucre ne devrait pas migrer vers le nord

La migration de l’érable à sucre reste pour le moment bloquée par ce que les chercheurs appellent la « barrière boréale », mais cela pourrait éventuellement changer.

MONTRÉAL — Même si le réchauffement du climat devait pousser l’érable à sucre vers le nord, la nature du sol qu’il rencontrera freinera sa progression, du moins à court terme, démontrent des travaux réalisés à l’Université de Montréal.

Il n’est toutefois pas impossible, au fil des décennies et même des siècles, que la composition du sol de la forêt boréale change suffisamment pour permettre à l’érable de quitter la forêt tempérée qui est son royaume traditionnel, a dit l’auteur de l’étude publiée par le Journal of Ecology, le doctorant Alexis Carteron.

« C’est certain que la nature du sol dans le nord va changer, a dit M. Carteron. Par exemple, si le sol est gelé moins longtemps pendant l’année, alors il y aura éventuellement plus de réactions chimiques qui vont se faire et le sol va changer. Mais on pense que ces changements-là vont se faire sur un temps long par rapport à la progression de l’érable, qui elle aurait potentiellement pu être plus rapide. On pourrait parler de quelques dizaines d’années, alors que les changements du sol, ce serait plutôt quelques centaines d’années. »

D’autres chercheurs avaient précédemment constaté, sur le mont Saint-Joseph dans le parc national du Mont-Mégantic, que la propagation de l’érable à sucre était plus modeste qu’en forêt tempérée, et que cela était partiellement attribuable à la nature du sol. Une modélisation sophistiquée montrait qu’on aurait dû retrouver des érables plus au nord, mais que cela n’était pas le cas sur le terrain.

Des expériences menées par M. Carteron et ses collègues au Jardin botanique de Montréal ont ensuite permis de jeter un nouvel éclairage sur le rôle que joue la composition du sol dans la propagation de l’érable.

La migration de l’érable à sucre reste donc pour le moment bloquée par ce que les chercheurs appellent la « barrière boréale », mais cela pourrait éventuellement changer.

« Comme ce sont des arbres qui sont quand même résistants et qui vivent longtemps, on les retrouve très au sud, même dans les endroits où c’est chaud, et potentiellement il y a beaucoup de compétition avec d’autres espèces d’arbres, a dit M. Carteron. Mais c’est possible que la régénération se fasse moins, donc au fur et à mesure on va le retrouver de moins en moins au sud. »

Il pourrait ainsi y avoir une pression par le sud qui verrait les arbres coincés entre un climat trop chaud au sud et un sol inhospitalier au nord.

« Et si jamais au nord ils sont bloqués, la superficie de répartition des érables à sucre pourrait être amenée à diminuer, mais ça on ne l’a pas testé. Mais c’est vrai que c’est possible », a conclu le chercheur.

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