Menace de fermer le robinet de pétrole: la C.-B. traîne l’Alberta en cour

EDMONTON — Le gouvernement de la Colombie-Britannique conteste devant les tribunaux albertains la loi de cette province qui pourrait fermer le robinet de pétrole vers l’Ouest.

Cette loi albertaine avait été adoptée par l’ancien gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley, mais elle n’avait jamais été promulguée. L’Alberta voulait avant tout la brandir comme une menace sur sa voisine afin de pouvoir accroître la capacité de l’oléoduc Trans Mountain jusqu’en Colombie-Britannique, où le projet est contesté.

Aussitôt assermenté, le nouveau premier ministre de l’Alberta, le conservateur Jason Kenney, a indiqué mercredi que le cabinet avait promulgué cette loi la veille. M. Kenney en a informé par téléphone le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan. Il a souligné à son homologue que l’intention de l’Alberta n’était pas d’utiliser immédiatement cette loi, mais que la province défendrait ses intérêts dans ce dossier.

M. Kenney soutient que l’Alberta prendra les mesures qui s’imposent pour contrer ce qu’il appelle l’«obstruction» de la Colombie-Britannique à l’accroissement de la capacité de l’oléoduc Trans Mountain, qui permettrait de transporter davantage de pétrole de l’Alberta vers le port de Burnaby, sur la côte ouest, pour exportation.

Dans sa demande introductive d’instance, déposée à Calgary mercredi, le gouvernement de la Colombie-Britannique soutient que cette loi est inconstitutionnelle. Le premier ministre Horgan promet de défendre les intérêts de sa province de la même façon que M. Kenney défendra les intérêts de l’Alberta.

La chef de l’opposition albertaine, Rachel Notley, avait refusé de promulguer la loi si elle ne devait pas être appliquée immédiatement, car cela ouvrirait aussitôt la porte à une contestation judiciaire de la part de la Colombie-Britannique, ce qui pourrait lui faire perdre momentanément tout pouvoir.

M. Kenney, lui, estime que son homologue est coincé, étant donné la flambée des prix de l’essence en Colombie-Britannique. «Les habitants de la région de Vancouver sont à juste titre irrités», a-t-il soutenu. «Ils paient 1,70 $ le litre pour faire le plein, et ils veulent savoir pourquoi: je pense que c’est, entre autres, parce que nous n’avons pas assez de capacité d’oléoducs pour expédier du gaz raffiné et du bitume non raffiné vers cette région.»

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