Meng Wanzhou: la juge doit maintenant décider d’admettre les pages PowerPoint

VANCOUVER — Une juge de la Cour suprême de Colombie-Britannique devra maintenant décider si les avocats de Meng Wanzhou pourront plaider que les autorités américaines ont induit le Canada en erreur en présentant les allégations retenues contre la dirigeante de Huawei pour obtenir son extradition.

La juge en chef adjointe, Heather Holmes, devra également décider d’admettre ou non en preuve des éléments supplémentaires à l’appui de cette thèse de la défense, qui conteste l’extradition de Mme Meng vers les États-Unis. La directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei est accusée aux États-Unis de fraude et de complot en vue de commettre une fraude, ce qu’elle nie catégoriquement.

Les procureurs américains l’accusent en fait d’avoir déformé la relation de Huawei avec Skycom lors d’une présentation PowerPoint en 2013 à la banque d’affaires HSBC aux États-Unis. Selon les procureurs, cette déclaration aurait exposé la banque au risque de violer les sanctions américaines contre l’Iran. Mme Meng a été arrêtée par les autorités canadiennes à l’aéroport de Vancouver en décembre 2018, en vertu d’un mandat d’extradition.

Ses avocats veulent faire valoir, lors d’une audience prévue en février, que Mme Meng a été victime d’un abus de procédure, parce que le résumé américain de son cas omettait certaines informations cruciales. Selon la défense, des pages PowerPoint avaient donné à la banque HSBC suffisamment d’informations pour naviguer dans les lois commerciales américaines sans violer l’embargo. Or, la défense soutient que ces pages n’auraient pas été fournies par les procureurs américains.

Les avocats du procureur général du Canada ont plaidé cette semaine que la défense tentait de transformer l’audience d’extradition en procès pour fraude. Le gouvernement canadien soutient que l’argumentation de la défense et les preuves qu’elle tente de déposer seraient mieux adaptées à l’éventuel procès criminel aux États-Unis.

La juge Holmes doit maintenant se prononcer sur les requêtes de la défense en prévision de l’audience prévue spécifiquement pour les allégations d’abus de procédure, en février. Ces audiences doivent durer trois semaines.

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