Meng Whanzou: un douanier soutient qu’il n’y avait pas de contact avec le FBI

VANCOUVER — Un agent des services frontières du Canada a démenti les suggestions d’une avocate de la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou, jeudi, selon lesquelles il aurait saisi ses appareils électroniques à la demande d’enquêteurs américains.

Scott Kirkland a déclaré au tribunal qu’il avait également noté les numéros de téléphone et les codes d’accès de Meng Wanzhou alors qu’elle était sous la garde de l’Agence des services frontaliers du Canada pendant trois heures avant d’être informée de son arrestation par la GRC.

Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei, fait face à une extradition vers les États-Unis pour fraude, une accusation qu’elle et Huawei nient.

«Ma proposition est que vous avez saisi les appareils électroniques pour le FBI», a déclaré l’avocate de la défense Mona Duckett à Scott Kirkland lors d’un contre-interrogatoire en Colombie-Britannique pendant l’audience à la Cour suprême jeudi.

«Nous ne saisissons rien pour le FBI», a déclaré Scott Kirkland.

Même si l’Agence des services frontaliers du Canada ( ASFC ) savait que la gendarmerie allait arrêter Meng Wanzhou lorsqu’elle aurait fini de l’interroger, Scott Kirkland a déclaré que le processus de contrôle de l’ASFC était complètement indépendant.

«Maintenant, si la GRC a pris la décision de donner quoi que ce soit au FBI ou ce qu’elle avait arrangé à l’avance, je n’en ai aucune idée», a-t-il dit.

Scott Kirkland est le deuxième d’une série de témoins appelés à témoigner à la demande de l’équipe de défense de Meng Whanzhou, qui rassemble des preuves pour les arguments qu’elle présentera l’année prochaine selon lesquelles la directrice de Huawei a été soumise à un abus de procédure.

La défense a allégué qu’il y avait une «stratégie coordonnée» pour que la GRC retarde son arrestation afin que les agents frontaliers puissent interroger Meng Wanzhou sous le prétexte d’un contrôle d’immigration de routine.

Jeudi également, la juge en chef adjointe Heather Holmes a publié une décision permettant à la défense de présenter de nouveaux arguments pour faire appuyer les allégations d’abus de procédure.

L’équipe de la défense cherche à faire valoir que les États-Unis ont induit en erreur les responsables canadiens dans leur résumé de l’affaire contre elle en omettant certains éléments de preuve.

«J’ai conclu qu’il y avait un air de ressemblance dans les allégations d’abus de procédure de Mme Meng concernant la conduite de l’État», indique la décision.

Heather Holmes a déclaré que certaines parties de la preuve pourraient être présentées par les avocats de Meng Wanzhou, notamment que certaines déclarations ont été omises dans un résumé d’une présentation PowerPoint – la principale preuve contre Meng Wanzhou dans la plainte pour fraude.

«L’équité exige donc l’admission de cette preuve.»

Meng Wanzhou est recherchée aux États-Unis pour fraude suite à des allégations selon lesquelles elle a menti à la Banque HSBC au sujet de la relation de Huawei avec une entreprise faisant des affaires en Iran, exposant la banque au risque de violer les sanctions américaines contre ce pays. Meng Wanzhou et Huawei nient les allégations.

Mercredi, Scott Kirkland a témoigné que lui et son collègue qui ont dirigé l’examen ont été «choqués» quand ils ont appris une heure avant l’atterrissage de Meng Wanzhou qu’un cas aussi médiatisé se préparait.

Il a déclaré que l’agence frontalière était obligée de procéder à son propre contrôle de Meng Whanzhou après son arrivée, car les agents avaient des soupçons liés à la criminalité et à la sécurité nationale qui pouvaient affecter l’admissibilité de la femme d’affaires au Canada. Cet examen est indépendant du processus de la GRC, a-t-il dit.

Cependant, il a reconnu jeudi que ses collègues semblaient «manquer de la même urgence» en matière de sécurité nationale, qu’il a dit avoir développée sur la base de recherches Internet et de sa propre connaissance des télécommunications. Il n’a pas dirigé le contrôle de Meng Whanzou.

Meng Whanzou a été signalé sur une base de données interne en raison d’un mandat en suspens. Bien que Scott Kirkland ait suggéré mercredi qu’elle était identifiée comme une personne d’intérêt concernant la sécurité nationale dans la base de données, il a reconnu que cela n’avait peut-être pas été le cas lorsqu’il a été pressé par l’avocate Mona Duckett.

Lors de l’interrogatoire de Meng Whanzou, il a déclaré qu’elle n’avait jamais été informée de l’existence d’un mandat d’arrêt contre elle ni interrogée sur des problèmes de sécurité nationale comme l’espionnage.

«Êtes-vous d’accord que tout au long de l’examen, il n’y a pas eu un iota de preuves rassemblées pour étayer un problème de sécurité nationale?» a demandé Mona Duckett.

«C’est correct», a-t-il répondu.

Il a également témoigné jeudi que l’ASFC et la GRC avaient discuté de la manière dont les renseignements provenant du contrôle des douanes et de l’immigration pourraient être partagés légalement.

Scott Kirkland a déclaré qu’il ne se rappelait pas si c’était un agent de la GRC ou un agent des frontières qui avait soulevé la question de la Loi sur les douanes sur la question du partage de l’information, mais il a convenu que cela avait été soulevé dans l’espoir que les agents des frontières puissent découvrir des informations à partager.

«Cela a été soulevé dans le contexte de la façon dont la GRC pouvait légalement obtenir des informations de votre contrôle?» a demandé Mona Duckett.

«Oui», a répondu Scott Kirkland.

«Donc, avant le contrôle, il y a eu une discussion sur le partage des informations obtenues, n’est-ce pas?»

«Oui», a-t-il dit.

«En prévision d’obtenir des informations qui valent la peine d’être partagées?» a renchéri Mona Duckett.

«Si cela se produisait, oui.»

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