Mensonges de Donald Trump: des républicains prennent leurs distances

WASHINGTON — Certains républicains se distancent du président Donald Trump après que celui-ci ait faussement déclaré qu’il avait gagné la présidentielle américaine et prétendu, sans preuve, que les démocrates tentent de lui «voler» l’élection. Donald Trump a intensifié ces allégations jeudi soir, déclarant aux journalistes à la Maison-Blanche que le processus de dépouillement des bulletins de vote était injuste et corrompu.

Donald Trump n’a pas étayé ses affirmations avec des détails ou des preuves, et les autorités étatiques et fédérales n’ont signalé aucun cas de fraude électorale généralisée.

Le sénateur Marco Rubio, un républicain de Floride qui a pris la parole lors d’un récent rassemblement de Donald Trump, ne s’est pas adressé directement au président, mais il a déclaré dans un tweet jeudi soir que si un candidat pense «qu’un État viole les lois électorales, il a le droit de le contester devant un tribunal et produire des preuves à l’appui. »

Marco Rubio avait déclaré plus tôt: «Prendre des jours pour compter les votes légalement exprimés n’est PAS une fraude.»

L’ancien sénateur républicain de l’Arizona Jeff Flake a été plus direct: «Aucun républicain ne devrait être d’accord avec les déclarations du président tout à l’heure. Inacceptable. Point.»

Le gouverneur républicain du Maryland, Larry Hogan, un candidat potentiel à la présidentielle de 2024 qui a souvent critiqué Donald Trump, a déclaré sans équivoque: «Il n’y a pas de défense pour les commentaires du président ce soir qui sapent notre processus démocratique. L’Amérique compte les votes, et nous devons respecter les résultats comme nous avons toujours fait».

«Aucune élection ou personne n’est plus importante que notre démocratie», a déclaré Larry Hogan sur Twitter.

Le sénateur Mitt Romney, un républicain de l’Utah, n’a pas répondu directement aux remarques de Donald Trump, mais il a cherché à rassurer les citoyens. Le dépouillement des votes est souvent «long» et «frustrant», a déclaré l’ancien candidat à la présidence.

Si des irrégularités sont alléguées, «elles feront l’objet d’une enquête et seront finalement résolues par les tribunaux», a tweeté Mitt Romney. «Ayez foi en la démocratie, notre Constitution et le peuple américain.»

Avant le discours de Donald Trump à la Maison-Blanche, plusieurs républicains avaient contesté ses tentatives d’arrêter le décompte des voix en Pennsylvanie et dans d’autres États clés. Donald Trump se retrouve sans soutien significatif de son parti alors que le chemin vers sa réélection est de plus en plus étroit, à mesure que le dépouillement s’effectue.

Le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, un allié de Donald Trump qui a été réélu mardi dans le Kentucky, avait déclaré plus tôt aux journalistes que «prétendre que vous avez remporté les élections est différent que de terminer le dépouillement». Son bureau a refusé de commenter après le discours de Donald Trump jeudi.

La sénatrice Lisa Murkowski, une républicaine de l’Alaska, a exhorté «tout le monde à faire preuve de patience» alors que les résultats arrivent. «Il est essentiel que nous donnions aux responsables électoraux le temps de terminer leur travail et que nous nous assurions que tous les bulletins légalement déposés soient autorisés et comptés», a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Le représentant Adam Kinzinger, un républicain de l’Illinois, s’est adressé à Donald Trump directement sur Twitter: «Arrêtez. Arrêtez complètement», a-t-il écrit mercredi en réponse à l’affirmation de Donald Trump selon laquelle les démocrates essayaient de «voler» les élections.

«Les votes seront comptés et vous gagnerez ou perdrez», a déclaré Adam Kinzinger à Donald Trump. «Et l’Amérique acceptera cela. La patience est une vertu.»

Les commentaires des législateurs républicains et d’autres dirigeants du GOP constituent de rares réprimandes publiques de Donald Trump, qui a exigé – et généralement reçu – la loyauté de ses compatriotes républicains tout au long de son mandat de quatre ans. La plupart des républicains s’efforcent d’éviter de critiquer directement Donald Trump, même lorsqu’ils trouvent sa conduite inutile ou offensante pour leurs valeurs et leurs objectifs.

Les tweets de Donald Trump dans lesquels il se déclare vainqueur et dans lesquels il demande aux fonctionnaires «D’ARRÊTER LE DÉPOUILLEMENT» ont été un premier test de la force avec laquelle il peut garder les républicains de son côté alors qu’il tente de contester le processus électoral devant les tribunaux.

Un démocrate, le sénateur Chris Murphy, a déclaré jeudi à l’Associated Press qu’il espérait que les républicains se mobiliseraient. «Je pense que les républicains voudront probablement lui donner un jour ou deux pour, vous savez, en quelque sorte faire valoir ses arguments.» Mais, a déclaré Chris Murphy, quand il deviendra clair qu’il n’y a pas de voie juridique pour les allégations de Donald Trump, «j’espère que les républicains mettront de la pression sur lui».

L’ancien gouverneur du New Jersey, Chris Christie, un allié de Donald Trump qui est analyste pour ABC News, a déclaré que l’argument de Donald Trump n’était pas fondé. Chris Christie a qualifié l’attaque de Donald Trump contre l’intégrité de l’élection de «mauvaise décision stratégique» et de «mauvaise décision politique, et ce n’est pas le genre de décision que l’on s’attendrait à ce que quelqu’un qui occupe le poste qu’il occupe prenne.»

Le gouverneur de l’Ohio, Mike DeWine, un républicain, a déclaré mercredi sur Fox News que s’il soutenait Donald Trump, mais si Joe Biden l’emportait, il le soutiendrait.

En tant qu’élus, républicains et démocrates «croient en la primauté du droit», a déclaré DeWine. «Chaque vote doit être compté. En tant que pays, nous acceptons les résultats des élections.»

La famille de Donald Trump, n’hésitant jamais à exprimer son soutien, a utilisé Twitter pour demander aux législateurs républicains pourquoi ils ne se précipitaient pas à la défense du président. «Où sont les républicains! Ayez une colonne vertébrale. Luttez contre cette fraude», a écrit Eric Trump.

Le sénateur Rob Portman, un républicain de l’Ohio, a déclaré que les États administrent les élections américaines, et non le gouvernement fédéral. «Nous devons respecter ce processus et nous assurer que tous les bulletins de vote déposés conformément aux lois de l’État sont comptés. C’est aussi simple que cela», a déclaré Rob Portman dans un communiqué.

«Il est préférable pour tout le monde de prendre du recul et de permettre à ceux qui comptent les votes de faire leur travail», a ajouté le sénateur Mike Lee, un républicain de l’Utah.

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