Mesurer les impacts des consignes sanitaires sur les rituels funéraires

MONTRÉAL — Les consignes sanitaires ont influencé les rituels funéraires, amenant de nombreuses familles à repousser leurs derniers adieux à un proche ou à opter pour des funérailles virtuelles.

Inquiète et s’interrogeant sur ce phénomène de «deuil reporté», la Corporation des thanatologues du Québec (CTQ) a lancé un projet de recherche afin d’en mesurer les impacts sur les personnes endeuillées et de mieux les accompagner. 

«On ne peut pas rester impuissant et indifférent avec ce phénomène. On espère développer de nouveaux outils et obtenir des recommandations pour mieux soutenir les familles endeuillées lorsque survient la perte d’un être cher», a mentionné en entrevue à La Presse Canadienne la directrice générale de la CTQ, Annie Saint-Pierre.

En partenariat avec l’Université de Montréal, l’étude sera dirigée par le professeur Jean-Marc Barreau qui compte une expérience dans le domaine funéraire, précise Mme Saint-Pierre. L’initiative s’attardera aussi à l’arrivée des cérémonies virtuelles.

Pour mener l’enquête, l’équipe est à la recherche de témoignages de personnes en deuil d’un proche, qu’il soit décédé de la COVID-19 ou de toutes autres causes de décès.

En plus des familles, le projet vise également à outiller les entreprises funéraires pour adapter les rituels en fonction de la réalité actuelle. 

«Les funérailles se tiennent davantage dans l’intimité. Il y a de moins en moins de monde qui peut offrir leurs condoléances en personne. On ne peut plus se serrer la main ou se faire des accolades. Est-ce que ça va être un phénomène qu’on va observer plus tard, malgré la fin des mesures sanitaires?», se questionne Mme Saint-Pierre. 

En zone rouge, un maximum de 25 personnes peut actuellement assister aux célébrations, obligeant les familles à faire des choix déchirants. Des salons funéraires offrent la possibilité de diffuser les cérémonies en ligne afin de permettre à un plus grand nombre d’y prendre part.

Les personnes n’ayant pu accompagner leur proche dans leurs derniers moments de vie se retrouvent doublement affectées par l’absence d’une cérémonie habituelle, comme avant la pandémie, souligne Mme Saint-Pierre. «On sait très bien qu’un jour ou l’autre, il risque d’y avoir des conséquences psychologiques à ce phénomène-là. C’est l’une des raisons pour laquelle on a lancé ce projet de recherche», soutient-elle. 

Le questionnaire est disponible sur le site de la Corporation des thanatologues du Québec. L’organisation peut aussi acheminer un formulaire papier aux participants. Le projet ne vise aucun maximum de participants. Aucune date limite n’a été déterminée pour répondre aux questionnaires. 

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J aimerais bien participer à la recherche et répondre au questionnaire car je célèbre des funérailles et même durant la pandémie

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