Meurtre à Sainte-Foy: Ottawa défend le système des libérations conditionnelles

OTTAWA — Le gouvernement fédéral défend la compétence des commissaires de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) dans la foulée des critiques à son endroit à la suite du crime d’Eustachio Gallese.  

Dans une lettre ouverte au journal «Le Devoir», l’ex-commissaire Dave Blackburn estime que «le gouvernement de Justin Trudeau a sa part de responsabilité» dans le meurtre de la jeune Marylène Lévesque.

Il avance que le fédéral a modifié le processus de nomination des commissaires de la CLCC, ce qui a eu pour effet d’entraîner une perte d’expertise au sein de la commission.

En entrevue avec La Presse canadienne, le secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique, Joël Lightbound, assure que tous les commissaires ont été nommés à la suite d’un processus «rigoureux».

«Il faut savoir qu’il y a des formations assez intensives qui sont données à tous les commissaires quant ils sont nommés, qui sont nommés selon leur expérience. Donc ce sont des commissaires qui ont des curriculum vitae qui les amènent à assumer ces fonctions-là», dit-il.

Quant aux critères de remise en liberté conditionnelle, ou «semi-liberté», ils n’ont pas changé, précise M. Lightbound. Les mêmes critères étaient suivis sous le gouvernement de Stephen Harper ou de Jean Chrétien, dit-il.

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a annoncé la tenue d’une enquête publique sur le cas de M. Gallese afin de faire toute la lumière sur la situation.

«Une tragédie comme celle qu’on a connue à Sainte-Foy, c’est une tragédie de trop, dit M. Lightbound. Il faut réviser l’ensemble des décisions dans ce dossier-là, s’assurer que tant les commissaires que les agents correctionnels ont bien fait leur travail et s’il y a des erreurs, qu’on fasse la lumière là-dessus pour que ça ne se reproduise plus jamais.»

Eustachio Gallese, 51 ans, est accusé du meurtre sans préméditation de Marylène Lévesque.

La victime était une travailleuse du sexe oeuvrant dans un salon de massage érotique. Selon plusieurs sources, Gallese aurait été expulsé du salon après avoir posé des gestes de violence envers d’autres masseuses et Marylène Lévesque aurait accepté de le voir dans un hôtel du secteur Sainte-Foy, où le drame s’est produit.

Eustachio Gallese avait été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans en 2006 pour le meurtre particulièrement violent de sa conjointe commis en 2004. La Commission, qui voyait en lui un «risque élevé de violence envers une partenaire» en 2007, avait révisé son évaluation depuis ce temps pour conclure à un «risque modéré».

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