Michel Bastarache: la GRC doit prendre des «mesures drastiques» immédiatement

OTTAWA — L’auteur d’un rapport qui a révélé une culture misogyne et toxique au sein de la GRC affirme que la police doit prendre des «mesures drastiques» immédiatement pour restaurer la confiance du public.

L’ancien juge de la Cour suprême, Michel Bastarache, a déclaré mercredi à un comité de la Chambre des communes que les gens s’attendent à un véritable changement qui montrera une volonté de prendre des décisions difficiles.

Michel Bastarache a récemment publié un rapport indépendant sur le harcèlement des femmes à la GRC selon lequel une réforme fondamentale est nécessaire pour éliminer la tolérance des attitudes haineuses et sexistes.

L’ancien juge a déclaré qu’il était plus que temps que le gouvernement fédéral prenne des mesures significatives et radicales pour s’attaquer à ces problèmes, qui ont causé des dommages incalculables.

M. Bastarache était l’évaluateur indépendant qui a supervisé l’octroi de millions de dollars d’indemnisations à 2304 femmes impliquées dans le règlement d’une action collective couvrant plusieurs décennies.

Le rapport, intitulé « Rêves brisés – Vies brisées », conclut que le changement ne peut venir de l’intérieur de la GRC, « mais doit plutôt être amorcé par des sources externes ».

La commissaire de la GRC, Brenda Lucki, a exprimé sa profonde tristesse et son indignation face aux conclusions.

Mais elle n’a pas entièrement approuvé la recommandation de Michel Bastarache d’une refonte menée de l’extérieur, décrivant plutôt de nombreuses initiatives pour remédier aux problèmes.

Les députés du comité de la sécurité publique des Communes ont exprimé leur consternation mercredi face aux conclusions du rapport et ont demandé à Michel Bastarache son avis sur la meilleure voie à suivre.

L’auteur du rapport a déclaré aux membres du comité que si les étapes ressemblent «trop à des changements de politique», personne au sein de la GRC n’y croira.

«Je pense que ce qui doit arriver, c’est que la commissaire établisse un véritable plan de réforme et prenne des mesures drastiques tout de suite. Je veux dire, changer certaines des structures ou changer certains des dirigeants.»

Il a déclaré que si le gouvernement avait confiance en la commissaire, il devrait l’appuyer, lui demander un plan et s’assurer qu’elle dispose du budget pour le mettre en œuvre.

«Cela n’arrivera pas si elle est seule avec son projet», a déclaré Michel Bastarache.

Dans le passé, de nombreuses promesses de réforme de la GRC ont échoué parce qu’il n’y avait pas de plan pour les mettre en œuvre ou, s’il y avait un plan, cela n’a pas fonctionné, a-t-il indiqué.

«La recommandation la plus importante est de recruter les bonnes personnes et d’avoir les bons programmes de formation.»

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