Michèle Audette demande plus de transparence du gouvernement fédéral

MONTRÉAL — Une commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (FFADA) implore le gouvernement fédéral de faire preuve de plus de transparence dans sa réponse aux demandes de changement formulées dans le rapport final.

Michèle Audette et d’autres défenseurs des droits des autochtones ont rappelé lors d’une conférence de presse que les femmes autochtones étaient confrontées à des risques accrus de violence pendant la pandémie de COVID-19.

«Dites-nous où vous en êtes. Donnez-nous quelques informations», a demandé Mme Audette.

Elle a rappelé que ses collègues commissaires et elle s’étaient fait les porteurs des voix, des larmes, de la colère et des espoirs des familles des victimes au cours des trois ans de l’enquête.

Le rapport final de la FFADA a été remis au gouvernement fédéral en juin 2019 et comprenait 231 «appels à la justice».

Mme Audette juge que l’élaboration d’un plan d’action national par des groupes de travail «semble prendre une éternité».

«Ma patience est très mince», a-t-elle lancé.

En décembre, le Groupe de travail cadre sur le plan d’action national avait indiqué que «des travaux approfondis sont bien en cours et se poursuivent pour répondre aux appels à la justice» pour élaborer une stratégie qui doit comprendre un cadre de responsabilisation, en partenariat avec les peuples autochtones.

Le site internet du ministère des Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada affiche également une liste des mesures prises pour lutter contre la violence faite aux femmes et aux filles autochtones. Il mentionne aussi la création d’une ligne téléphonique offrant des services de conseil et d’intervention en situation de crise, le financement pour la revitalisation des langues autochtones et l’engagement à lever les avis concernant la qualité de l’eau potable à long terme.

La conférence de presse à laquelle ont aussi participé des dirigeants et des militants autochtones s’est déroulée avant la veille annuelle pour les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, dimanche.

La première marche commémorative s’est déroulée le jour de la Saint-Valentin en 1992 après le meurtre de Cheryl Ann Joe, à East Vancouver.

Jessica Quijano, coordonnatrice de projet au Refuge pour femmes autochtones de Montréal, a déploré que près de 30 ans de militantisme populaire n’eussent pas suffi à susciter la volonté politique d’apporter de véritables changements à tous les ordres de gouvernement.

Elle a ajouté que les femmes autochtones sont toujours confrontées à un haut niveau de violence.

«Ça ne ralentit pas», a-t-elle lancé.

Selon Amanda LaBillois, une navigatrice autochtone à Médecins du Monde, la situation s’est aggravée à cause de la pandémie de COVID-19.

Les restrictions mises en place pour freiner la propagation du virus ont rendu les services pour les communautés autochtones plus difficiles d’accès quand ils n’ont pas été entièrement supprimés. La violence s’est aggravée, les surdoses ont augmenté. Les femmes et les filles autochtones sont davantage marginalisées.

«La pandémie pousse vraiment les gens à comprendre qu’il existe un problème majeur qui n’est pas correctement traité», a-t-elle souligné.

Plusieurs ont noté que les recommandations de la FFADA comprenaient des solutions concrètes qui pourraient faire une différence si elles sont correctement mises en œuvre.

Chaque jour sans action significative signifie qu’une autre femme est en danger, a déclaré Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.

«Près de deux ans plus tard, nous n’avons toujours pas de plan d’action.»

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