Mines: des municipalités de l’Abitibi demandent la protection des eskers

Dans les dernières semaines, une dizaine de nouvelles municipalités de l’Abitibi-Témiscamingue se sont jointes à un mouvement d’organismes qui demandent au gouvernement de protéger les eskers situés sur leur territoire et de les soustraire aux activités minières.

De plus en plus de municipalités veulent protéger les eskers de l’Abitibi, d’anciens glaciers qui contiendraient l’une des sources d’eau les plus pures du monde, contre le boom minier.

Selon une carte publiée lundi par la coalition Québec meilleure mine, la région a connu une augmentation «de 46% de la superficie des titres miniers en deux ans, passant de 1,45 million d’hectares en novembre 2020 à 2,12 millions d’hectares en décembre 2022».

La coalition souligne que ce boom minier correspond avec l’augmentation de la demande pour les minéraux critiques comme le lithium et le graphite, utilisés dans la fabrication de véhicules électriques.

Une dizaine de municipalités situées dans trois des cinq MRC de l’Abitibi-Témiscamingue, dont les municipalités de Sainte-Germaine-Boulé, de La Morandière, de Poularies, de Roquemaure, entre autres, ont adopté des résolutions qui demandent au gouvernement de protéger les eskers qui «jouent un rôle capital dans la recharge en eaux souterraines du territoire» et sont susceptibles «d’abriter une biodiversité et des écosystèmes d’une grande richesse».

Selon la coalition Québec meilleure mine, plus de 61% des eskers de l’Abitibi-Témiscamingue sont couverts entièrement ou en partie par des titres miniers.

«Le Québec ne doit pas s’agenouiller devant la demande mondiale de l’or et d’autres minéraux dits “d”avenir”. La transition énergétique ne doit pas servir de prétexte pour justifier davantage d’extraction minière, sacrifier des milieux naturels, ou encore bafouer les droits des communautés et des Nations autochtones», a déclaré Rodrigue Turgeon, porte-parole de la coalition Québec meilleure mine.

Les municipalités de l’Abitibi-Témiscamingue ne sont pas les seules à s’inquiéter du boom minier. À l’automne, le président de la Fédération québécoise des municipalités et maire de Sainte-Catherine-de-Hatley, Jacques Demers, avait appelé le gouvernement à revoir la Loi sur les mines, afin de mieux combiner les activités minières et la protection du territoire.

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