Mise à jour économique: les Villes demandent des investissements dans les logements

OTTAWA — Les maires des plus grandes villes du Canada demandent au gouvernement fédéral d’ajouter des milliards de dollars supplémentaires aux mesures de réduction de la pauvreté pour freiner l’itinérance dans leurs communautés dans le cadre de la reprise économique post-pandémie.

Le groupe de la Fédération canadienne des municipalités a fait la demande lors de réunions avec des ministres clés du cabinet, dont la ministre des Finances Chrystia Freeland, avant la mise à jour promise par les libéraux sur l’état des finances fédérales.

Chrystia Freeland devrait publier la mise à jour dans les semaines à venir, ce qui montrera à quel point les libéraux s’attendent maintenant à ce que le déficit augmente après qu’il eut été projeté en juillet pour atteindre 343,2 milliards de dollars.

S’attendant à ce que la mise à jour puisse inclure de nouvelles dépenses, le groupe des maires des grandes villes fait valoir qu’il existe maintenant une possibilité de lutter contre l’itinérance en bonifiant un programme de création rapide de logements que les libéraux ont dévoilé plus tôt cet automne.

Certaines des plus grandes villes du pays partageront la moitié du milliard de dollars promis pour le programme qui permettrait aux fournisseurs de logements d’acheter des propriétés sur le marché qui pourraient être rapidement converties en logements abordables.

Mais avec seulement 3 000 unités devant être ajoutées au parc de logements abordables, les Villes recherchent potentiellement 7 milliards de dollars supplémentaires au cours des prochaines années pour répondre aux besoins restants.

Le maire d’Edmonton, Don Iveson, qui dirige le groupe des maires des grandes villes de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), a déclaré que le groupe déterminerait les coûts initiaux d’un programme à plus grande échelle qui hébergerait les 25 000 personnes en situation d’itinérance chronique.  Notons que le gouvernement a promis de mettre fin à l’itinérance chronique.

Don Iveson a également  déclaré que les provinces et le gouvernement fédéral pourraient réaliser des économies sur les coûts des soins de santé et de la justice simplement en donnant aux gens un toit au-dessus de leur tête.

«Nous pouvons apaiser les angoisses, créer des emplois, insuffler de la confiance dans l’économie et réduire la demande sur notre système de santé… afin qu’il puisse répondre là où il le faut en cette période de pandémie», a-t-il déclaré mardi lors d’une conférence de presse virtuelle.

Les libéraux ont ouvertement parlé d’investir dans les infrastructures pour stimuler une reprise économique après la pire récession depuis la Grande Dépression.

La ministre de l’Infrastructure, Catherine McKenna, a fait état mardi, d’une possible collaboration avec les conservateurs qui étaient au gouvernement pendant la crise financière  il y a un peu plus de dix ans, lorsque les dépenses fédérales d’infrastructure avaient aidé à ouvrir la voie à la reprise.

Elle a parlé de faire les choses rapidement et de cibler les investissements pour créer des emplois.

«Il est extrêmement important que nous trouvions comment il faut aller de l’avant, mais cela ne veut pas dire qu’il faut oublier les résultats», a-t-elle déclaré lors d’un événement virtuel avec le Canadian Club de Toronto.

«Il ne s’agit pas de construire des gazebos. Il s’agit d’obtenir des résultats réels cohérents.»

L’un des domaines mentionnés par la ministre McKenna est le transport en commun, que les municipalités espèrent que le gouvernement élargira, mais qui contribuera également à faire fonctionner l’économie.

Les baisses des revenus du transport en commun en raison des restrictions sanitaires ont contribué à épuiser les budgets des municipalités, menaçant de réduire les services publics alors que les conseillers municipaux tentent d’équilibrer les comptes.

Le gouvernement fédéral a accordé 2 milliards de dollars aux villes, et les provinces doivent en faire autant d’ici le mois de mars.

Le maire Iveson a déclaré que les Villes n’avaient pas encore de demande de financement spécifique, car tout le monde essaie en premier lieu de se serrer la ceinture.

Plus tôt cette année, la Fédération canadienne des municipalités a estimé que le déficit du budget de fonctionnement de ses membres pourrait se situer entre 10 et 15 milliards de dollars cette année, selon la gravité et la durée de la pandémie.

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