Mission accomplie pour des Autochtones ayant marché pour la guérison

QUÉBEC — Le périple d’une dizaine de marcheurs autochtones ayant marché 275 km pour la guérison et la réconciliation s’est conclu mercredi après-midi à Québec, peu de temps avant l’arrivée du pape François dans la Capitale-Nationale. 

«Pour moi, la marche a été libératrice», a affirmé une Attikamek survivante d’un pensionnat, Chantal Niquay, après avoir franchi les plaines d’Abraham sous les applaudissements de plusieurs personnes venues les accueillir. 

Elle était la doyenne du noyau de marcheurs qui sont partis la semaine dernière de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Pointe-Bleue dans la communauté innue de Mashteuiatsh, située au nord de Roberval, au Lac-Saint-Jean. Mme Niquay a fréquenté cet établissement, le dernier de ce genre à fermer ses portes au Québec, en 1991.

La marche lui a permis de guérir certaines plaies de cette expérience et d’obtenir des réponses. 

«J’ai eu mes enfants jeunes et je n’ai pas été totalement là pour eux, mais aujourd’hui je comprends pourquoi. On se donne tellement d’amour», a exprimé la femme de 53 ans. 

Sa présence a permis de rappeler la raison derrière cette marche, a témoigné l’instigateur de l’initiative, le directeur général de l’organisme Puamun Meshkenu, Jay Launière-Mathias. 

«On le faisait surtout pour appuyer les survivants et survivantes des pensionnats. Juste de voir autant de gens ralliés ici aujourd’hui, je pense que c’est mission accomplie», a affirmé M. Launière-Mathias, Innu de Mashteuiatsh. 

Il a lui-même pris part à l’aventure en solidarité avec sa grand-mère maternelle qui a fréquenté le pensionnat de Pointe-Bleue.

M. Launière-Mathias estime que plusieurs des participants, qui sont des enfants de survivants de pensionnats, ont grandi à travers ce défi. 

«Ils se retrouvent ici avec un énorme sentiment de fierté; fiers d’avoir marché pour leur communauté, leur famille, mais aussi fiers d’avoir marché pour eux. Je pense que ça les a remplis d’énergie et d’émotions», a-t-il mentionné.

Les marcheurs avaient convergé la veille à la communauté de Wendake, d’où ils sont partis mercredi matin, accompagnés notamment du ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, et du président de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard.

Le groupe s’est ensuite rendu sur la scène principale des plaines d’Abraham, où des prestations artistiques ont lieu dans le cadre de la visite papale, pour témoigner de leur aventure. 

«Nous sommes aussi, comme peuples autochtones, dans un pèlerinage, qui nous a vus traverser vents et marées», a dit M. Picard à la foule réunie.

«L’opportunité qui se présente à nous aujourd’hui, c’est de trouver une façon de tourner la page. Les survivants et les survivantes sont les seuls, uniquement les seuls, à vraiment juger de la valeur des excuses exprimées par le pape François. C’est vraiment uniquement à elles et eux que revient le bilan tout ça», a-t-il ajouté. 

L’initiative était indépendante de la visite papale, mais a reçu l’appui de l’organisation. 

Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière des Bourses de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles

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