Mode de rémunération des médecins de famille: il faut accélérer, dit McCann

QUÉBEC — La ministre de la Santé, Danielle McCann, emboîte le pas à François Legault et exige des médecins de famille qu’ils accélèrent le travail afin de réformer leur mode de rémunération.

La semaine dernière, M. Legault avait pris les omnipraticiens de court en les menaçant publiquement de recourir à une loi spéciale s’ils n’arrivaient pas à s’entendre avec son gouvernement en début d’année.

Il a déclaré en entrevue à l’émission «Les coulisses du pouvoir» vouloir les «responsabiliser» en changeant leur mode de rémunération pour qu’ils soient rémunérés en fonction du nombre de patients pris en charge, plutôt qu’en fonction des actes médicaux posés.

L’idée est de confier aux médecins un nombre déterminé de patients pour lesquels ils recevraient une rémunération fixe. Cela pourrait en outre les inciter à déléguer des soins à d’autres professionnels de la santé, comme des infirmières.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) — qui est ouverte à l’idée de revoir le mode de rémunération — s’est offusquée des propos et du ton combatif du premier ministre. 

Selon elle, la négociation dans ce dossier éminemment complexe va bon train. Les parties ont même convenu ensemble que les travaux se termineraient vers la fin-janvier, début-février.

Questionnée jeudi à savoir si la menace d’une loi spéciale était justifiée, Mme McCann a répondu: «Ce qu’on dit, là, à la fédération, et je pense que c’est entendu, c’est qu’on doit accélérer nos travaux.» 

La FMOQ ne ralentit en rien les travaux, a rétorqué Jean-Pierre Dion, directeur des communications à la FMOQ. «Elle demeure toujours disponible pour discuter avec la partie gouvernementale, peu importe le moment», a-t-il précisé dans un courriel.

Par ailleurs, contrairement à ce que le gouvernement laisse entendre, l’interlocuteur de la FMOQ dans ce dossier n’est pas la ministre McCann, mais bien le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, a ajouté M. Dion.

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) a promis que chaque Québécois aura accès à un médecin de famille d’ici 2022. Il pourra le consulter — lui ou une superinfirmière — en moins de 36 heures en cas de besoin.

La CAQ s’est également engagée à réduire à 90 minutes l’attente pour voir un médecin à l’urgence d’ici la fin de son mandat.