Mode de scrutin: l’élection «de la distorsion», déplore Manon Massé

MONTRÉAL — Le «tsunami caquiste» avec 70 % des sièges, mais comptant moins de la moitié du vote populaire, devrait inviter le gouvernement Legault à réformer le mode de scrutin, selon la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé. 

«C’est l’élection de la distorsion. Plus que jamais on voit comment le mode de scrutin est brisé au Québec», a lancé la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, en entrevue, au lendemain du jour du scrutin. 

Celle qui a été élue pour une troisième fois a joint sa voix aux chefs péquiste et conservateur qui ont déploré une disparité entre le nombre de sièges obtenus et les suffrages recueillis. 

S’il est sérieux dans sa main tendue aux partis d’opposition, le premier ministre François Legault devrait en premier lieu aborder avec eux la question d’un mode de scrutin proportionnel, estime Mme Massé. 

«Si M. Legault croit en la démocratie, je pense qu’il va être obligé de prendre un pas de recul et de revenir à sa promesse de 2018. (…) Dans cette élection-ci, la représentation au parlement n’est pas fidèle à l’expression des voix de nos concitoyens, concitoyennes», a-t-elle soutenu. 

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a rappelé en point de presse mardi s’être engagé à ne pas relancer le débat sur le mode de scrutin. «Et je vais respecter mon engagement», a-t-il dit. 

Au même titre que le Parti québécois, QS devra négocier avec les autres formations pour obtenir le statut de parti officiel à l’Assemblée nationale puisqu’il ne répond pas à au moins l’un des deux critères pour être un groupe parlementaire reconnu. Il s’agit pour un parti d’obtenir 12 députés ou 20 % au suffrage universel afin d’avoir du temps de parole et des budgets. 

QS a récolté 11 sièges et a recueilli 15,4 % des votes. En 2018, le parti avait été confronté à la même situation et avait finalement été reconnu comme groupe parlementaire officiel. 

Mme Massé croit que les autres partis ne pourront faire fi à la prochaine législature que sa formation est au deuxième rang quant au vote populaire après la CAQ. 

La co-porte-parole promet que QS sera une opposition «redoutable» face au gouvernement Legault sur les enjeux du changement climatique. 

«Confiante» pour l’avenir

Les résultats espérés par Québec solidaire n’ont pas été au rendez-vous lundi soir. Le parti a su maintenir la plupart de ses acquis et ravir deux circonscriptions aux libéraux sur l’île de Montréal. Mais QS n’est pas parvenu à faire des gains en région et former l’opposition officielle, comme le souhaitait le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois. 

Malgré ces déceptions, Mme Massé se réjouit que son parti ait été le seul à ne pas reculer face à la vague caquiste, ajoutant un siège de plus. 

QS a toutefois perdu l’une de ses seules circonscriptions en dehors des deux plus grands centres urbains du Québec. La députée sortante de  Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, a mordu la poussière face au candidat caquiste Daniel Bernard.

Québec solidaire reste donc majoritairement présent sur l’île de Montréal, avec huit de ses 11 sièges, les trois autres étant à Québec et Sherbrooke. Mme Massé mentionne néanmoins que le parti a augmenté son score «de façon significative» par rapport à 2018 dans des circonscriptions rurales qu’il visait hors de la métropole, telles que Saint-François, en Estrie, ou Ungava dans le Nord-du-Québec. 

«Moi, ça me fait dire que Québec solidaire est en marche. On continue d’être en marche. On a vraiment résisté à cette vague-là, parce qu’on a réussi à grandir notre famille. On fera les bilans en temps et lieu, mais ça me rend confiante pour la suite des choses», conclut-elle. 

Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière des Bourses de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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