Mois de l’histoire des Noirs: une programmation axée sur l’espoir et la réussite

MONTRÉAL — Sous le thème «De l’obscurité à la lumière», le 32e Mois de l’histoire des Noirs (MNH) vise cette année à faire rayonner la richesse et la diversité des communautés noires du Québec, ainsi qu’à susciter des moments d’échange et de réflexion au sein de la population.

Du 1er au 28 février, la Table ronde du Mois de l’histoire des Noirs tiendra divers événements culturels, éducatifs, sociaux et historiques pour promouvoir et célébrer la contribution des personnes afrodescendantes à la société québécoise.

Lors d’une conférence de presse tenue mercredi matin à Montréal, les organisateurs ont présenté la programmation des activités, qui se dérouleront dans plusieurs villes de la province.

Tout au long du mois, le public pourra assister à des conférences, à des ateliers ainsi qu’à des projections cinématographiques, en plus d’arborer le coeur vert avec une bande noire, symbole de participation aux festivités.

La Cinémathèque québécoise présentera entre autres quinze films iconiques de la «blaxploitation», un courant culturel américain issu des années 70 visant à revaloriser les rôles des personnes afro-américaines dans le cinéma.

Pour Schelby Jean-Baptiste, porte-parole francophone de l’événement, le MNH est l’occasion toute désignée de s’informer et de s’éduquer à propos des quelque 180 communautés ethniques et culturelles afrodescendantes du Québec. 

«On se rend compte, avec les années, que beaucoup d’éléments ont été effacés ou même cachés. On n’a pas fini de découvrir des éléments historiques majeurs qui ont un impact sur ce qu’on est aujourd’hui», a-t-elle expliqué en entrevue.

Bien qu’elles présentent un côté historique, les célébrations du MNH se veulent avant tout axées sur le progrès social, l’espoir et les réussites des lauréats de la communauté.

«L’important est de mettre la lumière – d’où le slogan de cette édition – sur les accomplissements des communautés afrodescendantes et de célébrer les personnes qui font une différence aujourd’hui, a précisé la comédienne et animatrice. (…) Présentez-vous aux événements, tenez-vous informés sur les réseaux sociaux et allez lire, tout simplement». 

Les femmes noires, piliers de la santé

L’apport des communautés noires s’inscrit dans diverses sphères de la société québécoise et canadienne, notamment en politique, dans le réseau de la santé ou au sein de l’industrie culturelle.

«Au courant de la pandémie, on s’est rendu compte de l’énorme contribution des personnes afro, et plus précisément des femmes noires (…), surtout dans le milieu hospitalier, les préposés aux bénéficiaires, les infirmières ou les docteures. Ce sont tous des profils qui nous ont permis de comprendre l’importance de l’apport des personnes noires au Québec», a affirmé Schelby Jean-Baptiste.

Au Canada, les travailleuses noires évoluent principalement dans le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale, selon les données de Statistique Canada de 2021. Le tiers d’entre elles occupent un emploi dans ce secteur, contre 22,5 % dans le reste de la population féminine. Pour les femmes noires immigrantes, cette proportion grimpe à près de 38%.

Les femmes afrodescendantes sont également de plus en plus représentées en politique, particulièrement dans l’administration de la métropole.

«Nous avons une première femme noire à la présidence du comité exécutif, une première femme noire présidente du Conseil de la Ville et une première femme noire mairesse d’un arrondissement», a souligné lors de la conférence Gracia Kasoki Katahwa, mairesse de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. 

Elle a ajouté que c’était la première fois qu’autant de personnes d’ascendance africaine occupaient des postes au sein du conseil municipal, du comité exécutif et des commissions montréalaises.

«Beaucoup de chemin a été parcouru depuis la première Semaine des Noirs célébrée aux États-Unis en février 1926 et depuis que février a été désigné comme le Mois de l’histoire des Noirs en 1976, a déclaré la mairesse devant les médias. Malgré tout, il reste beaucoup de chemin à faire.»

La Ville de Montréal avait d’ailleurs présenté, en mars 2022, douze engagements pour «renforcer et accélérer les transformations systémiques de l’administration municipale». 

Développés par le Bureau de la commissaire à la lutte au racisme et aux discriminations systémiques (BRDS), ces engagements visent à établir, entre autres, une sécurité publique exempte de profilage, une équité culturelle, économique et territoriale, ainsi qu’une participation citoyenne inclusive.

Mme Kasoki Katahwa a indiqué que la reddition de comptes serait présentée en mars prochain.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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