Molson met un terme à l’impression du petit calendrier de poche du Canadien

MONTRÉAL — Les amateurs du Canadien de Montréal qui espèrent encore l’arrivée du petit calendrier de poche au dépanneur du coin devront en faire leur deuil: Molson, qui en assumait l’impression et la distribution, a décidé de ne plus le produire à compter de la saison 2018-2019.

Le commanditaire invoque les nouvelles technologies pour justifier cette décision.

Le porte-parole de Molson, François Lefebvre, a expliqué en entrevue avec La Presse canadienne que la décision répond à la nouvelle réalité des télécommunications.

«Ce n’est pas une décision de coût, c’est vraiment une question environnementale parce qu’en 2018, tout le monde a, au bout du téléphone, au bout de l’ordinateur, le calendrier», a indiqué M. Lefebvre.

Il invoque «une baisse d’intérêt surtout liée à la technologie; les gens ont toujours accès en ce moment avec l’internet».

«Nous avons préféré investir dans d’autres axes de stratégie en lien avec le Canadien», a-t-il ajouté.

Pourtant, le calendrier de poche conservait malgré tout une certaine popularité.

Molson en a imprimé et distribué 1,1 million la saison dernière et a dû en reprendre 250 000, ce qui signifie que 850 000 avaient tout de même trouvé preneurs.

Le Canadien était la dernière équipe canadienne de la Ligue nationale de hockey pour laquelle le commanditaire produisait ce calendrier.

Auparavant, Molson effectuait la même opération pour les Oilers d’Edmonton, les Maple Leafs de Toronto et les Sénateurs d’Ottawa.

François Lefebvre a cependant indiqué que le Canadien pourrait très bien prendre la relève s’il y voit un intérêt.

Le but du Canadien: devenir sans-papier

La réponse du Canadien est toutefois déjà connue et c’est non, même si son vice-président aux communications, Paul Wilson, reconnaît avoir personnellement encaissé la décision avec un petit pincement au coeur.

«Moi-même j’en prenais un quand j’allais chercher de l’essence… on gardait tous notre petit calendrier dans nos poches et c’était super efficace», a-t-il admis candidement lorsque rejoint par La Presse canadienne.

«Mais on est rendus dans un monde, si on veut être responsable sur le plan environnemental, où il faut poser des gestes comme ceux-là.

«On veut devenir « paperless » dans les années à venir», a-t-il expliqué.

«Même sur la galerie de presse avec les journalistes, on a commencé à faire des petits changements parce qu’on imprime une quantité hallucinante de documents de toutes sortes pendant l’année», a-t-il ajouté.

Paul Wilson, qui apprivoise ses nouvelles fonctions après avoir quitté le cabinet National pour venir remplacer Donald Beauchamp aux communications de la Sainte-Flanelle, dit avoir été estomaqué par la quantité de papier que toutes les équipes — incluant le Canadien — remettent aux journalistes durant un match.

«Dans tous les arénas, on remet des feuilles aux journalistes pour dire: en première période, il y a eu tant de tirs au but, voici qui a compté, le nombre de mises en échec, les mises au jeu, etc. On en donne une à chaque période.»

Or, fait-il valoir, tout le monde a maintenant accès à toutes ces statistiques sur l’internet en temps réel, que ce soit par le biais du site de la Ligue nationale de hockey ou en provenance de l’équipe hôtesse elle-même.

«Continuer à imprimer papier par-dessus papier, à un moment donné, quand on peut faire des changements comme ça, on le fait.

«C’est notre rôle aussi dans la société. Nous sommes des gros consommateurs de papier, mais maintenant tout est numérique. Pourquoi ne pas s’en aller là?», demande-t-il.

Les journalistes affectés à la couverture du Canadien ont donc commencé à vivre ce virage numérique, ce qui, selon les échos que l’on a pu en avoir, soulève quelques grommellements chez certains vétérans reporters…

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