Montréal a atteint le sommet de sa courbe épidémique, selon la santé publique

MONTRÉAL — La direction de la santé publique de Montréal estime que la métropole a atteint le sommet de sa courbe épidémique. La Dre Mylène Drouin insiste tout de même sur l’importance cruciale de maintenir les mesures de distanciation physique pour éviter un recul.

«Comme le printemps arrive toujours un peu plus tôt à Montréal, nous considérons que le haut de la courbe épidémique doit arriver dans les jours présents», a déclaré mercredi la directrice régionale de la santé publique.

Dre Drouin prévient toutefois que ce sommet ne concerne que le nombre de cas de contamination à la COVID-19. Les cas d’hospitalisations devraient continuer d’augmenter pour une dizaine de jours puisque cela correspond à la durée nécessaire au virus pour entraîner des complications chez les patients.

Le nombre de décès devrait lui aussi poursuivre sa croissance au cours du mois d’avril en raison des foyers d’éclosion dans les centres de soins de longue durée et les résidences pour aînés.

D’après les chiffres de Santé Montréal, on compte maintenant 4775 cas confirmés de personnes infectées. Le bilan des décès s’élève à 74 victimes de la maladie à coronavirus.

En conférence de presse depuis le hall d’honneur de l’hôtel de ville, la Dre Mylène Drouin a expliqué que son équipe avait pu dresser ce constat à partir des modèles dévoilés mardi par la direction nationale de la santé publique.

«Ce qu’on estimait, c’est qu’on allait arriver autour d’un pic d’hospitalisations autour de la semaine prochaine, et on sait que cela reflète quelque chose qui arrive environ 10 jours avant. Donc, le pic de cas devrait être dans les présents jours», a-t-elle expliqué.

Dre Drouin prévient tout de même qu’il s’agit de prévisions, donc que cela ne se réalise pas nécessairement de manière aussi claire.

Priorité aux CHSLD

Avant de crier victoire, les intervenants de la santé doivent d’abord lutter contre les éclosions dans des centres de soins de longue durée et des résidences pour aînés.

En date de mercredi, le territoire de Montréal comptait 62 éclosions dans des milieux de vie pour personnes âgées, dont 49 dans des CHSLD, où se trouvent les gens les plus vulnérables face au coronavirus.

À ce titre, le ministère de la Santé a annoncé le déploiement de médecins et d’infirmières en renfort dans ces établissements à haut risque de complications.

Les mesures de prévention et de distanciation dans ce type d’établissement pourraient être maintenues durant de nombreux mois, bien après le passage de la crise, dans le but de prévenir toute résurgence de la contagion.

Près de 400 infractions à Montréal

Par ailleurs, la directrice adjointe du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sophie Roy, a révélé que les policiers avaient procédé à environ 4000 interventions reliées au non-respect des consignes imposées par la santé publique depuis jeudi dernier.

Un peu moins de 10 % de ces interventions ont mené à la rédaction de constats d’infractions ou de rapports d’infraction en vue de remettre un constat.

La plupart de ces interventions sont liées à des dénonciations citoyennes. Sophie Roy, de même que la mairesse de Montréal, Valérie Plante, ont toutes deux appelé à ne pas tomber dans la délation excessive. Toutefois, les citoyens témoins d’attroupements contraires aux consignes sont invités à les signaler.

Bixi et piétons

En vue du long congé de Pâques qui approche, la mairesse de Montréal a rappelé qu’il fallait demeurer discipliné et de ne pas se réunir en famille ou entre amis.

Afin de faciliter le respect de la distanciation de deux mètres entre les personnes, des mesures ont été prises pour accommoder les piétons sur l’avenue du Mont-Royal.

Le trottoir sera élargi sur un tronçon de la populaire artère commerciale afin de permettre de faire la file devant les commerces et de circuler plus librement.

Le service de vélo Bixi pourra aussi débuter ses activités tel que prévu. Valérie Plante a justifié cette décision en expliquant que bon nombre de cyclistes utilisent ce moyen de transport pour se rendre au travail ou pour éviter d’emprunter les autres transports en commun, ce qui diminue l’achalandage du métro et des autobus.

La mairesse insiste tout de même sur l’importance de se déplacer en ville uniquement pour des raisons essentielles. En ce qui concerne les marcheurs, ceux-ci sont invités à demeurer dans leur quartier et à fréquenter les parcs les plus près de chez eux.

Les commentaires sont fermés.

Intéressant compte rendu étoffé.

Les trois, quatre ‘d’ : Distanciation, Déplacements, Dénonciations/Délations/Divulgations.

Ah, ça, certes, oui, Bixi va s’avérer vachement (re)bienvenu, à partir du moment où métrobus (re)deviendra de plus en plus problématique et de moins en moins rassurant… (Et de un).

Concernant les « rapports »-citoyens d’observations/constatations d’attroupements ou d’indue proximité, eh bien…

On passera[it] sous peu de l’âge de ‘tool’ à l’âge du ‘stool’ ?
On s’adonnera[it] avec délectations à délation d’élations ?

(Et de deux)

Enfin, en lien avec ça, autre réflexion – (terminale?) – plus élaborée.

Lors du Discours d’ouverture, fin 2018, le premier ministre avait énoncé trois grands principes ou idéaux susceptibles d’inspirer grandement relativement aux attitudes à adopter concernant covidixneuf pour la suite des choses.

On constate et anticipe en effet que, ‘température’ y conviant, l’incitation aux sorties ou rassemblements ‘à risque’ s’avère déjà et deviendra de plus en plus pressante et omniprésente.

Or, il n’y a pas qu’irrationnel ou négatif en semblables ‘envies’ ou comportements. S’y trouve aussi une certaine sagesse, un certain sens commun. C’est le cas de le dire, parce qu’un goût, aussi, de communauté, de communalité, de remise en commun.

Car, oui, vrai d’une part qu’il faille agir avec prudence. Mais non moins vrai, d’autre part, qu’il ne faille pas appréhender d’oser, manquer d’audace. Si bien que…

Certes siéra-t-il de maintenir, voire redoubler d’efforts et d’attentions à l’endroit d’aîné.e.s plus particulièrement, vivant («vivant»?!) actuellement d’atroces moments; à l’endroit d’aîné.e.s ayant été si injustifiablement incroyablement délaissé.e.s ces dernières décennies. Ce dont il n’y a pas de quoi être « fiers »… Suivant l’ambition priministérielle originelle.

Puisqu’« en santé on travaille pour les malades. Et je veux inviter tous les ministres et tous les employés de l’État à être à l’écoute des besoins des gens et, en tout temps, à agir avec humanité *. »

Par ailleurs, était-il ajouté et conclu :

« si je devais identifier l’adversaire du gouvernement, bien, ça serait la peur. […] La peur, c’est le contraire de l’audace.
[…]
La seule chose dont on doit avoir peur, c’est la peur elle-même. »

« Et je termine en vous disant : Nous avons un adversaire redoutable : la peur […] Ce sentiment est humain, très humain, mais on doit le vaincre en y opposant la fierté et l’audace. Oui, fierté et audace, c’est ça qui va guider votre gouvernement. »

De telle sorte qu’une fois tout ça assemblé, en arrive-t-on à la synthèse que fiers doit-on viser à être ou devenir; que ce ne saurait être qu’agissant avec humanité qu’on peut être fiers; ainsi qu’en n’ayant pas peur de… la peur; en faisant preuve d’audace, donc. Laquelle implique une part de risque parfois.

Si bien que, oui, faudra-t-il — (continuer de) —‘faire attention’. Mais inévitablement faudra-t-il aussi foncer, ‘forcer’, affronter. Et pour ce, ultimement, ‘se mêler’ les un.e.s aux autres…

* Exprimé en y appuyant fortement

Les plus populaires