Montréal agrandira et réaménagera le parc du Mont-Royal

MONTRÉAL — Le mont Royal sera agrandi de trois hectares, reverdi dans plusieurs secteurs et réaménagé afin d’en renforcer et protéger l’intégrité écologique.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé lundi des investissements et travaux majeurs à venir sur l’emblématique montagne de la métropole. 

«Le mont Royal, c’est le poumon de la métropole», a fait valoir Mme Plante en rappelant que ce parc représente pas moins de 746 hectares de biodiversité. 

Ce parc, qui fête son 150e anniversaire cette année, a vu le jour en 1872 lorsque l’administration municipale de l’époque a commencé à exproprier des terrains pour protéger la montagne. «On peut dire que c’était un geste visionnaire», a salué la mairesse.

Le plus grand agrandissement en 150 ans

Bien que trois hectares puissent sembler modestes sur le total, «cela représente le plus grand agrandissement depuis la création du parc du Mont-Royal en 1872», a-t-elle expliqué, parlant d’une superficie équivalente à «cinq terrains de soccer».

Le représentant de la Société immobilière du Québec, qui cède les terrains du Royal Vic à Montréal, parlait plutôt de l’équivalent de quatre terrains de soccer et, après vérification, pour ceux qui tiennent à cette mesure, cela représente plutôt un peu plus de 4,28 terrains de ballon rond, une seule de ces surfaces sportives représentant 0,7 hectare. 

Ainsi, trois sections représentantla bordurenord des installations de l’ancien hôpital Royal Victoria seront successivement cédées à la Ville pour l’agrandissement du parc. La première section est une bande de terrain boisée, qui n’aura besoin que d’être remise en état, ce qui sera suivi de deux stationnements, qui seront transformés en espaces verts. 

Ces projets sont étalés sur plusieurs années, notamment en raison des dates de cession des terrains du Royal Victoria, qui s’étendent jusqu’à 2036. 

Réduction radicale du stationnement

De plus, les quatre grands stationnements situés en bordure de la Maison Smith et près du lac aux Castors seront réduits de 40 % afin de reverdir le secteur et, surtout, de redonner à la Maison Smith sa clairière d’origine.

Consciente de l’impact que pourrait avoir une réduction du nombre de places de stationnement sur la fréquentation de l’espace vert, Valérie Plante n’a pas hésité à rappeler où sont ses priorités. «On va se dire les vraies affaires: on est dans la COP, on parle de crise environnementale, on fait quoi? On a le choix entre entretenir un îlot de chaleur ou encourager un îlot de fraîcheur où on va soutenir la biodiversité. À un moment donné, il faut aller dans le sens de ce que la population nous demande d’ailleurs. Moi, je choisis l’îlot de fraîcheur plutôt que l’îlot de chaleur.»

Elle n’aura apparemment pas à s’inquiéter. Une étude qui est toujours en cours démontrerait que ces stationnements sont occupés à 30 % durant la semaine et 50 % à 55 % la fin de semaine. Dans le cas du verdissement des stationnements, les travaux doivent commencer en 2024. 

Reboiser, reverdir et réaménager 

Un troisième volet de l’annonce touche le reboisement partiel du pied de la montagne, au sud du monument à sir George-Étienne Cartier. Au nord de la statue, là où les Montréalais s’adonnent à la glissade, la plaine restera intacte.

«On va planter plus de 200 arbres au pied de la montagne pour souligner l’apport des pays qui se sont engagés à protéger la biodiversité pendant la COP15 qui se tient en ce moment à Montréal», a expliqué Mme Plante, parlant d’un «geste signature de notre administration».

Par ailleurs, la Ville a déjà commencé à fermer et reverdir les sentiers informels dans le parc, ceux qui apparaissent par l’usage de plaisanciers. La montagne offre 37 kilomètres de sentiers formels et la pandémie a amené l’apparition de nouveaux sentiers informels, ceux-ci atteignant 46 kilomètres en 2020. Ces travaux sont déjà en cours et l’étendue de ces sentiers est passée à 41 kilomètres en 2021 et à 37 kilomètres en 2022.

D’autres travaux de restauration de l’environnement sont aussi à prévoir. Les milieux humides et le marécage dans les environs du lac aux Castors seront réaménagés. Plusieurs espèces menacées ou dont le statut est précaire se retrouvent dans ces aires et l’objectif est, sinon de voir croître leur nombre, de maintenir leurs populations. On parle notamment de la couleuvre à collier, d’espèces d’oiseaux telles que le martinet ramoneur, la moucherolle à ventre jaune, l’hirondelle rustique ou encore le pioui de l’Est, de même que d’autres espèces comme la salamandre à points bleus qui, sans être mencaée, est rare à Montréal.

Présent à l’annonce, le directeur général du Conseil de l’environnement de Montréal, Emmanuel Rondia, a rappelé l’importance de tels gestes. «On ne le répétera jamais assez, mais la biodiversité et la lutte contre le changement climatique vont de pair. La crise de biodiversité est aussi importante que la crise climatique et l’on doit agir sur les deux fronts en simultané et non voir les deux de façon distincte.»

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