Montréal dévoile son plan hivernal pour les itinérants: plus de 1650 places en refuge

MONTRÉAL — Le plan visant à aider les itinérants de Montréal pendant la saison hivernale a été dévoilé jeudi après-midi et il inclut plus de 1650 places pour dormir la nuit en refuge, dont près de 400 dans un hôtel du centre-ville.

Les mesures ont été détaillées en conférence de presse à Montréal par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, la ministre déléguée à la métropole, Chantal Rouleau, la pdg du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Sonia Bélanger, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et par Samuel Watts, le pdg de la Mission Bon Accueil.

Leur objectif commun est que personne ne soit contraint de passer la nuit dehors par temps glacial.

Pour les itinérants, l’hiver est une épreuve de plus à affronter, souligne Mme Bélanger.

Les mesures seront mises en place à partir du 1er novembre et seront en vigueur jusqu’au 31 mars.

Quelque 1650 places en refuge seront offertes cette année. Il s’agit de 700 places de plus que l’an dernier, a dit le ministre Carmant. Cet ajout est fait parce que plus de personnes se retrouvent sans-abri cette année en raison de la COVID-19, et parce que les mesures sanitaires de distanciation font en sorte que les refuges existants ne peuvent accueillir autant de personnes que par le passé.

Parmi ces places, près de 400 seront offertes à l’Hôtel Place Dupuis, en plein centre-ville de Montréal, près de lieux déjà fréquentés par les personnes en situation d’itinérance. Les animaux seront admis.

Des «haltes-chaleur» seront installées, neuf au total, soit six de plus que l’an dernier. De plus, elles seront réparties un peu partout dans la ville — et non pas uniquement au centre-ville de la métropole.

Une autre nouveauté est un centre pour accueillir les sans-abris durant le jour, au Grand Quai, dans le Vieux-Port. Les gens pourront y être au chaud et en sécurité, et y prendre un repas, a souligné la mairesse Plante.

Les besoins de différents types de clientèles ont été considérés, a-t-il été indiqué en conférence de presse.

«Songeons par exemple aux besoins spécifiques des femmes, auxquelles seront offerts des espaces non mixtes. Les personnes transgenres, les couples ainsi que les personnes ayant une incapacité auront également accès à des services adaptés à leurs besoins. Personne n’est oublié, tant sur le plan de l’accessibilité que de la sécurité», a souligné Sonia Bélanger du CIUSSS.

Des navettes de la Société de transport de Montréal seront mises à la disposition de ce réseau de refuges, de haltes-chaleur et de centres de jour, pour que leurs usagers n’aient pas à affronter le froid pour se rendre d’un lieu à l’autre.

Le plan a aussi été pensé de façon à rejoindre ceux qui ne sont pas des usagers habituels des refuges: la COVID-19 a amené beaucoup de nouveaux visages, a précisé la ministre Rouleau.

«Plus qu’un effort de solidarité pour ces personnes, il s’agit d’un devoir collectif», a souligné le ministre Carmant.

Le campement de la rue Notre-Dame

Pendant ce temps, les tentes sont toujours là sur la rue Notre-Dame, un endroit où de nombreux itinérants se sont réunis, faute de logis. Il n’est pas le seul campement.

La mairesse Plante souhaite que le nombre additionnel de places ouvertes en refuges les incite à quitter leur tente. Beaucoup d’options leur seront offertes, et les animaux sont même admis à certains endroits: dans le passé, des itinérants refusaient de se rendre en refuge de nuit pour ne pas laisser leur compagnon derrière.

Ils seront invités à se rendre à l’hôtel préparé pour eux, a dit le ministre Carmant. On leur donne le choix de la solution, sauf s’ils sont en danger. Et c’est le cas si le mercure plonge trop.

Les personnes sans-abri seront accompagnées et plusieurs options leur seront offertes, a dit la mairesse en évitant de parler d’un possible démantèlement forcé de ce camp. Elle a répété qu’elle ne veut pas que des Montréalais dorment dehors quand il fait – 40 degrés Celsius. «On est pas confortables avec ça, il y a cette nécessité de protéger la personne.»

«Si c’est pour mettre la santé des gens en jeu, on ne va pas hésiter.»

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